Connu sous le nom de « manager » ou « agent », le manager d’artistes est celui qui s’occupe de la promotion de la carrière des artistes dont il a la charge, les défend et protège leurs intérêts. A ce titre, il s’occupe de tous les aspects du management de son client, que ce soit au niveau financier, notoriété, gestion des contrats ou encore au niveau juridique. Le manager accompagne l’artiste dans sa vision artistique, assure le rôle d’intermédiaire entre l’artiste et les maisons de production et d’évènementiel, examine et négocie les contrats de concerts, défend les intérêts de l’artiste, promeut la communication des évènements, gère l’aspect logistique de chaque évènement et gère l’agenda de l’artiste.
Si exercer le métier de manager d’artistes requiert des compétences spécifiques dont les connaissances en droit, notamment la propriété intellectuelle, le relationnel, le sens de l’organisation, la capacité de négociation, la passion pour l’univers du spectacle et une ouverture d’esprit, au Bénin, triste est de constater que les managers d’artistes peinent à recevoir leurs lettres de noblesse.
Au manque de structuration et de professionnalisme, la formation adéquate déficitaire voire inexistante, la précarité, le statut inexistant et l’absence d’un cadre règlementaire, s’ajoutent la mauvaise foi et l’amateurisme de ceux qu’il convient désormais de nommer les « mangeurs » d’artistes au Bénin. S’il est vrai que les problèmes existent dans tous les secteurs d’activités, le management d’artistes au Bénin est quant à lui dans un état grabataire.
Au lieu de défendre les intérêts, des agents d’artistes béninois se plaisent dans la destruction de la carrière de leurs protégés. Se prenant parfois pour le patron de l’artiste qui n’a lui-même aucune notion du management, ces « mangeurs » d’artistes au Bénin font preuve d’ingérence et confondent souvent leurs rôles à ceux des autres membres du staff. Toute chose qui met en mal le fonctionnement et l’organisation de l’équipe dont il a la charge en qualité de chef – d’orchestre. Certains managers trouvent même du plaisir à s’accaparer des cachets des prestations de leur artiste qu’ils avalent sans jamais ressortir ou utilisent le nom de ce dernier à des fins non professionnelles. Pour les différends entre artistes et managers qui découlent parfois sur des scènes de kick boxing ou les relations extra-professionnelles conduisant aux séances de jambes en l’air dévoilées plus tard sur la place publique tels des procès de bandits interpellés au tribunal, n’en parlons même pas. Les maux sont légion.
Face à tout ce chaos, l’on se demande bien à qui revient la faute. Devrait-on incriminer les différents associations et réseaux des managers du Bénin ou les artistes? Bien malin qui pourra répondre, mais il est bien clair que la responsabilité incombe aux différents acteurs. A ces artistes qui nomment leurs frères, sœurs, compagnons ou compagnes, proches ou amis sans aucune aptitude en management culturel, vous êtes responsables de tout ce cirque. Associations des managers culturels des artistes et réseaux des managers d’artistes du Bénin, vous êtes tous comptables de cet échec. D’ailleurs, en lieu et place de veiller à la formation des managers, ces responsables d’associations et réseaux préfèrent se livrer à des guerres de personnes et aux conflits d’intérêts ponctués par des égos qui n’ont pas droit de cité dans une vie associative. Des assemblées générales ordinaires et électives non tenues, des pics par médias interposés, ils ont assez de problèmes internes à régler pour enfin penser à assainir et professionnaliser le milieu.
Mais en attendant, au Bénin, il est d’une grande facilité de s’auto-proclamer manager d’artiste sans même avoir les notions de base. L’important est d’assurer la sécurité de l’artiste en tant que body Guard lors de ses spectacles ou showcases, le reste viendra après. Même si on n’est pas payé ou on se fait humilier par l’artiste qui se joue la star, la promotion de la carrière est le cadet des missions.




















