Le mercredi 29 mai 2024, le village Doko Nanonmè dans la commune de Toviklin a été le théâtre d’une découverte macabre. Le corps sans vie d’un écolier de 11 ans disparu en début de semaine, en classe de Cours moyen 1ère année (Cm1) a été retrouvé égorgé, démembré et exposé sur des amassements de sable dans le couvent du sieur K. J, connu comme étant un jeune prêtre de vodun sans père ni parrain spirituel dans la localité. Très tôt, la presse en a fait son choux gras. Les commentaires sur cette actualité font revivre la période 2018-2019 au cours de laquelle le taux de crimes rituels a atteint un pic. Cette période, l’une des plus malheureuses du XXIème siècle au Bénin, ne voyait pas passer une de ses journées sans décès de jeunes femmes ou d’enfants. Ils sont légion avec des spécificités variant les unes des autres. Des vies des milliers de personnes sont sacrifiées sur l’autel du sang. L’écrivain congolais Axel Justes Samba Tomba, dans son ouvrage « Les Crimes rituels : Une barbarie ordinaire et macabre » paru en 2017, décrivait le mode opérationnel et les diverses causes.
Le crime rituel encore appelé crime de sang est une pratique consistant à prélever des organes humains aux fins des pratiques occultes ou mystiques à la quête de la gloire, du pouvoir, de la richesse. Les crimes de sang continuent de pousser comme la mauvaise herbe dans certaines villes et contrées du Bénin. En Afrique, des enfants, des handicapés, des jeunes femmes continuent d’être engloutis dans la spirale mortifère de la fascination pour les valeurs matérielles et les enjeux de pouvoir, a relaté Jeune Afrique dans l’une de ses parutions. Les causes sont bien multiples avec des conséquences aussi désastreuses les unes que les autres. Ce phénomène qui n’épargne aucun continent suscite indignation et colère dans le rang des pouvoirs publics et des populations. D’ailleurs, le sieur K. J. victime d’une vindicte populaire qui lui a coûté la vie après la découverte de sa barbarie, l’aura bien appris à ses dépens.
A cette allure, les Béninois risquent d’assister à un bis repetita de la période 2018-2019.
Les « Hounnons » sont des personnes averties ayant bénéficié d’une formation en spiritualité et très attachées aux réalités ancestrales, cultuelles, culturelles et médicinales africaines qu’ils utilisent pour intervenir dans des problèmes spirituels. D’ailleurs, dans l’une de ses sorties, le professeur rappelle que le problème n’est pas le vodoun, puisque cette divinité n’a jamais réclamé le sang humain, il est question d’assainir le milieu; la répression est importante tant dans le rang des cybercriminels que de leurs initiateurs aux crimes rituels.
Des mesures fortes sont d’ores et déjà annoncées par le maire Rigobert Tozo pour extraire le bon grain de l’ivraie. Un enrôlement et contrôle systématique dans tous les couvents de la commune sera lancé afin de détecter les faux « hounnons ». Quant aux vrais, des instructions fermes ont été données afin que le travail se fasse conformément aux textes et lois en vigueur et régissant le secteur au Bénin.
Au sommet de l’appareil étatique, l’urgence est d’assainir la corporation des tradi-praticiens et dignitaires du culte vodoun. Des réformes s’imposent pour donner une bonne image à ces divinités qui incarnent la culture du Bénin reconnu à titre universel comme le berceau du vodoun. Laisser la plaie devenue béante et puante ne fera aucun bien à cette culture dont le Béninois lambda se réjouit.
A bas les crimes rituels.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)




















