Neutralité ne signifie ni indifférence ni retrait. Engagement ne signifie pas davantage partisanisme. C’est autour de cette articulation que le président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, a construit sa communication devant les officiers des Forces de défense et de sécurité, à l’occasion de la Conférence de stratégie de sécurité générale d’information organisée à l’État-major.Invité à développer le thème « Les Forces de défense et de sécurité dans un État démocratique : entre neutralité républicaine et engagement au service de la Nation », Joseph Djogbénou a choisi de partir de l’histoire institutionnelle du Bénin pour interroger la place du militaire dans la démocratie.
Il a notamment rappelé l’importance prise par la question de la neutralité de l’armée au moment de la Conférence nationale, avant de replacer le débat dans les évolutions institutionnelles plus récentes et dans les défis contemporains auxquels la démocratie béninoise est confrontée.Mais l’essentiel de son propos a porté sur le contenu même de la neutralité.« La neutralité est-elle l’impartialité ? La neutralité est-elle l’indifférence ? », a interrogé le conférencier, avant de préciser sa pensée.Pour Joseph Djogbénou, le militaire doit considérer chaque citoyen sans distinction d’appartenance politique, ethnique ou religieuse. Il a rapproché cette posture de l’impartialité de la justice : protéger chacun parce qu’il est d’abord citoyen de la République.
Cette neutralité impose notamment aux Forces de défense et de sécurité de rester étrangères au militantisme partisan, aux compétitions électorales et à l’expression publique d’opinions politiques dans l’exercice de leurs fonctions.
Elle ne signifie pourtant pas que le militaire doit rester en marge de la société.Les Forces de défense et de sécurité participent, a-t-il relevé, à la protection du territoire, au secours des populations, au fonctionnement de l’État et, plus largement, au développement national. Leur soumission aux autorités civiles ne remet pas davantage en cause leur neutralité, dès lors qu’elle s’inscrit dans le fonctionnement normal des institutions démocratiques.
C’est de ce raisonnement que le président de l’Assemblée nationale a tiré la formule centrale de son intervention : « la neutralité des Forces de défense et de sécurité est une neutralité engagée ».Une neutralité qui, selon lui, n’est ni passive ni indifférente, mais participe à la construction nationale et au renforcement de la démocratie.
Joseph Djogbénou a également rendu hommage aux militaires qui paient parfois le prix le plus élevé de leur engagement, en faisant référence aux événements du 7 décembre 2025 et, plus largement, aux personnels qui tombent dans l’accomplissement de leurs missions.La communication s’est ainsi achevée sur une articulation entre deux exigences que le conférencier refuse d’opposer : rester neutre dans la compétition politique tout en demeurant pleinement engagé dans la défense de la République et le service de la Nation.
Une réflexion qui a ensuite ouvert la séquence des échanges avec les officiers présents.

















