Le Bénin a présenté, jeudi 10 septembre 2026 à Cotonou, les résultats de la mise à jour de son Évaluation nationale des risques (Enr) en matière de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et de financement de la prolifération des armes de destruction massive. L’atelier de diffusion, organisé par le Comité national de coordination des activités de Lbc/Ft/Fp, avec l’appui de la Coopération allemande à travers la Giz et en partenariat avec la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), vise à traduire les conclusions de l’évaluation en actions concrètes.
La rencontre a réuni les autorités politiques et administratives, les organes de contrôle et de supervision, les institutions financières, les entreprises et professions non financières désignées, les organisations à but non lucratif, la société civile ainsi que les partenaires techniques et financiers. Dans son discours de bienvenue, le président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), Abdou Rafiou Bello, a rappelé que l’Enr constitue un outil d’aide à la décision et d’orientation de l’action publique. Le Bénin avait réalisé sa première évaluation en 2018. Depuis, l’environnement économique, financier, technologique et sécuritaire a connu d’importantes évolutions, rendant nécessaire une nouvelle appréciation des risques.
Selon lui, l’Enr 2026 fait ressortir une amélioration du profil global de risque lié au blanchiment de capitaux, mais une évolution préoccupante de la menace liée au financement du terrorisme. Pour la première fois, le risque de financement de la prolifération est également évalué à un niveau moyen. Le rapport souligne par ailleurs des niveaux de risque variables selon les secteurs. Certains présentent des risques résiduels élevés ou très élevés et nécessitent donc une attention prioritaire.
Des conclusions à traduire en actions
Le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé des Finances et de la Microfinance, Nicolas Yenoussi, a appelé à ne pas considérer l’Enr comme un simple exercice d’évaluation. « Les véritables défis commencent maintenant », a-t-il insisté, en plaidant pour une mise en œuvre effective de la stratégie nationale Lbc/Ft/Fp 2026-2030 et de son plan d’actions. Il a notamment cité l’utilisation des espèces, l’informalité de l’économie, les flux transfrontaliers, la qualité des données, la transparence ainsi que l’effectivité des contrôles et des sanctions parmi les vulnérabilités qui doivent rester sous surveillance. Il est à rappeler que cette mobilisation intervient à l’approche de la prochaine évaluation mutuelle du Bénin par le Giaba, dont la mission sur place est prévue en février 2028. Pour les autorités, l’enjeu dépasse toutefois cette échéance : il s’agit de disposer d’un dispositif capable de prévenir, détecter, poursuivre et sanctionner efficacement la criminalité financière.
Léonce Adjévi

















