La gestion de la crise économique n’est pas une tâche aisée pour le gouvernement du Bénin d’autant plus qu’elle bouscule énormément les recettes de l’Etat. Mais pour le président Patrice Talon, il y a au-delà de tout, une priorité qui passe avant toutes les autres et qui d’ailleurs guide les actions du gouvernement dans le cadre de la gestion de la flambée des prix : la nécessité d’éviter au maximum la famine aux populations.
Pour Patrice Talon et son gouvernement, juguler la flambée des prix passe avant tout. Même si le chef de l’Etat prend le pari risqué d’opérationnaliser sa volonté de revalorisation des salaires des travailleurs pour compter du 1er novembre prochain, cet engagement reste tributaire de l’évolution de la situation au plan mondial. Les incertitudes économiques avec la clé, la montée vertigineuse des prix de certains produits, ne sont pas sans effets sur l’élan des actions de développement engagées dans le pays. Le chef de l’Etat va jusqu’à confesser que certaines entreprises, adjudicataires de certains chantiers, ont dû mettre la clé sous le paillasson, se retrouvant incapables face à la flambée des prix des matériaux de construction. Il en est de même avec certaines entreprises en charge des infrastructures dont la réalisation devrait permettre aux populations d’avoir accès à l’eau potable. Les difficultés d’acquisition des matériaux et équipements ont carrément contraint des entreprises adjudicataires à renoncer à l’exécution des chantiers, le temps que la situation se normalise au plan international. Même le domaine agricole n’est pas épargné. L’inquiétude exprimée par le chef de l’Etat ici est liée à la montée sans cesse croissante des prix des intrants. A en croire le premier magistrat, le prix des engrais a quasiment triplé en quelques temps. A l’allure où évolue la situation, le gouvernement pourrait être amené à subventionner les engrais de 60 voire 70 milliards l’année prochaine. Une éventualité que le président de la République écarte d’office au regard de la situation des recettes qui seraient en baisse, selon les explications de l’autorité.
Ecarter au maximum le risque de famine
A en croire le premier citoyen béninois, la gestion de la cherté est la plus grande préoccupation pour le gouvernement. « Dans les projections, si on suppose que tout reste en l’état ce n’est pas bon. Si cela doit s’aggraver, ce serait pire. Mais est-ce que les choses vont revenir à la normale dans quelques mois ?», s’interroge le chef de l’Etat. « Si la situation s’aggrave, nous serons obligé de prendre nos recettes pour subventionner tout ça parce que ça concerne tout le monde», a indiqué Patrice Talon qui n’a pas caché son engagement à œuvrer pour que le Bénin évite au maximum le risque de famine. Le prix à payer à en croire le chef face à la gestion de ce challenge, est l’impossibilité de faire des recrutements, d’augmenter les salaires. En d’autres termes, avoir du pain, du maïs, de l’huile reste la priorité des priorités pour le gouvernement béninois. Une énième preuve que le gouvernement et son chef restent constamment préoccupés par le bien-être des populations.
Gabin Goubiyi

















