L’annonce officielle par Lomé de supprimer le visa d’entrée pour tous les ressortissants africains marque un tournant historique pour le Togo. En limitant les formalités à une simple déclaration en ligne pour des séjours allant jusqu’à 30 jours, le gouvernement togolais opère un choix stratégique fort. Cette décision ne relève pas du hasard : elle s’inspire directement de la politique d’ouverture audacieuse initiée par le Bénin voisin dès 2019.
L’Afrique de l’Ouest assiste à une accélération inédite de sa diplomatie des frontières. En annonçant officiellement la suppression du visa d’entrée pour tous les ressortissants africains pour des séjours de moins de 30 jours, le Togo pose un acte fort en faveur de l’intégration continentale. Loin d’être isolée, cette décision marque une volonté claire de Lomé de s’aligner sur la politique d’ouverture totale initiée avec succès par son voisin immédiat, le Bénin. En remplaçant les barrières consulaires par une simple déclaration en ligne, le Togo valide le modèle de fluidité administrative tracé par Cotonou. En devenant l’un des tout premiers pays africains à offrir un accès totalement libre de visa à l’ensemble des citoyens du continent, le Bénin a brisé un tabou administratif majeur. Cotonou a fait le choix de supprimer la barrière financière et bureaucratique du visa pour attirer instantanément les investisseurs, les créateurs de projets et les touristes africains. Le modèle béninois a prouvé qu’ouvrir ses frontières ne signifiait pas abandonner sa sécurité, en remplaçant le contrôle consulaire classique par des systèmes de vérification numérique fluides.
Face au succès de la vitrine béninoise, le Togo ne pouvait pas rester en retrait, sous peine de perdre sa compétitivité régionale. En calquant sa démarche sur celle du Bénin, le Togo adopte la même philosophie. Le visa physique disparaît au profit d’un enregistrement obligatoire 24h avant le départ sur la plateforme Togo Voyage. Disposant d’un port en eau profonde ultra-compétitif et d’un aéroport moderne servant de base à la compagnie panafricaine Asky, le Togo se devait de fluidifier l’accès à son territoire. S’inspirer du Bénin permet de s’assurer que les flux d’affaires d’Afrique centrale ou de l’Est ne soient pas détournés vers Cotonou au détriment de Lomé.
Les enjeux d’une rivalité positive entre voisins
Cette émulation entre le Bénin et le Togo crée un couloir de libre circulation inédit sur la côte ouest-africaine, générant de nouveaux défis communs : L’exemption de visa des deux côtés de la frontière accroît la nécessité d’un partage de renseignements en temps réel pour traquer la criminalité transfrontalière sans ralentir les voyageurs légitimes. À l’instar du Bénin qui modernise ses complexes hôteliers, le Togo va devoir adapter ses capacités d’accueil pour absorber la hausse attendue du tourisme d’affaires et de loisirs intra-africain. En s’appropriant « l’audace du Bénin », le Togo valide une vision moderne de la souveraineté où l’ouverture économique prévaut sur le repli administratif. Ce duo Bénin-Togo trace désormais la voie d’une intégration ouest-africaine pragmatique, poussant le reste du continent à accélérer l’application concrète des ambitions de la Zlecaf.
Sergino Lokossou

















