A la faveur d’un entretien, Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la culture et des arts, a éclairé l’opinion publique nationale et internationale sur les impacts positifs du festival Vodun days. Lire quelques extraits de son entretien.
Le Matinal : Je voudrais savoir, avant ces questions, après 2 éditions, quel est l’impact déjà qu’on peut ressentir des communautés en termes de promotion de la culture et de l’art ?
Jean-Michel Abimbola : Merci pour cette question. Ce que je voudrais vous dire d’abord, c’est que la 1ère édition et la 2ème édition, nous les avons dénommées les éditions 0 et 00. Nous estimons, au gouvernement, et en particulier au ministère en charge de la Culture et du tourisme, nous estimons que c’est notre 1ère édition, cette année, 2026.
La 1ère édition, nous avons, en fait, essayé de tester un concept, parce qu’il ne nous a pas échappé que les Vodun days sont des festivités et un événement inédit, exceptionnel (…) je disais que la 1re édition était l’édition 0, la 2e édition, l’édition 00, et cette année, c’est notre vraie 1ère édition. Nous avions, en fait, il y a 2 ans, testé un concept. C’est le concept d’un événement, nous appelons ça des festivités, qui allie culture, art et spiritualité.
Et je ne pense pas qu’on puisse trouver ça nulle part ailleurs. L’art et la culture, bien évidemment, mais la spiritualité en plus, je ne pense pas que cela existe sur le continent africain ni nulle part. Donc, il était nécessaire pour nous de tester cela, et c’est ce qui nous a permis, la 2ème année, de faire un certain nombre d’améliorations.
Et d’ailleurs, d’une année à l’autre, nous sommes passés de moins de 300 000 visiteurs à plus de 500 000 visiteurs. Quand je dis visiteurs, c’est ceux qui sont en instantané dans la soirée du 1er jour, c’est-à-dire qui, généralement, est une soirée plutôt pour les jeunes, avec un géant concert. Le 2ème jour, un autre concert plus traditionnel, évidemment, la grande cérémonie œcuménique Vodun.
Et le 3ème jour, l’arène culturelle. Donc, l’année dernière, les instantanés, sur ces 3 moments, ont donné à peu près 550 000 visiteurs. Ces chiffres viennent de l’Instad, c’est pour dire que ce n’est pas une estimation, c’est un travail qui est fait par l’Institut en charge de la statistique.
Mais dans tout Ouidah, sur toutes les places, sur la plage, l’Instad nous a communiqué le chiffre de 1,7 million de personnes qui ont circulé dans Ouidah l’année dernière. Cette année, pour les instantanés des 3 événements, du 1er jour, du 2ème et du 3ème à l’arène, nous attendons plus d’un million de visiteurs. Et évidemment, dans Ouidah, nous sommes sûrs également que les chiffres vont évoluer positivement.
Donc, à l’heure où je vous parle, je ne suis pas en mesure de vous donner les chiffres d’aujourd’hui, bien évidemment. Nous allons attendre la fin et nous allons attendre que l’Institut national de la statistique veuille bien nous communiquer les chiffres, parce que nous ne faisons pas ça ni par drone, même si on fait des estimations par drone, c’est pas ces chiffres que nous calculons et que nous communiquons. Donc, c’est les 1ers éléments que je peux vous donner.
Le 2ème élément que je peux vous donner, c’est que nous sommes, sans avoir des chiffres précis pour l’instant, nous sommes persuadés, l’année dernière, nous avons eu des chiffres, que ça impacte l’économie locale, bien évidemment. Vous pouvez voir partout que vous avez des petits commerçants, des petits artisans avec des stands qui sont organisés pour faire des ventes. A titre illustratif, la 1ère année, nous avons eu un vendeur de noix de coco. Il nous a dit qu’il vend chaque noix de coco, je crois, à 25 francs à peine ou 50 francs. Il nous a dit qu’il avait vendu pour plus de 500 000 francs de noix de coco et qu’il n’a jamais vu ça, qu’il était submergé et qu’il était le 1er supporteur. Je suis allé au très bas pour que vous compreniez l’incidence que cela peut avoir.
Nous avons eu également des estimations de l’Instad de l’année dernière qui indiquaient que les commerçants et artisans de la ville estimaient que ça boostait leurs affaires de 40 à 60 %. Ces chiffres, cette année, seront mieux cernés, mieux consolidés et nous pourrions vous les communiquer puisque nous avons pris les dispositions avec l’Instad. Nous pourrons vous les communiquer après le festival. En tout état de cause, l’incidence sur le Pib sur la 1ère année et la 2ème année, nous ne l’avons pas réellement évaluée, mais nous avons évalué, évidemment, le nombre de visiteurs internationaux qui sont arrivés.
Propos recueillis pour Le Matinal par Odi I. Aïtchédji




















