À quelques heures du passage à la nouvelle année, les ménages de Cotonou s’activent, chacun selon ses moyens, ses réalités et ses convictions, pour marquer ce moment symbolique du calendrier. Entre préparatifs souvent modestes, dispositions spirituelles marquées et des projections pleines d’espoir, l’accueil du nouvel an se vit dans la sobriété, mais aussi dans une profonde attente de jours meilleurs.
Dans les concessions et les quartiers de la capitale économique, l’effervescence est bien perceptible, même si elle reste mesurée. Ici, on balaie les cours, on range les maisons, on lave les ustensiles et on échange en famille sur l’essentiel. Chez Moïse, père de cinq enfants, la priorité est donnée à la propreté et à l’organisation familiale. « Pour la fête du Nouvel An, il n’y a pas vraiment de préparatifs particuliers. Nous mettons simplement la maison au propre. Mon épouse et moi discutons de ce que nous allons préparer et manger ce jour-là. L’essentiel est d’être ensemble », confie-t-il. Comme lui, de nombreux chefs de ménage privilégient une célébration sobre. Un autre père de famille, ayant requis l’anonymat, résume l’état d’esprit général : « La fête du Nouvel An, nous la préparons comme nous pouvons ».
Sobriété dans l’habillement et les repas
Cette année, rares sont ceux qui envisagent de renouveler leur garde-robe dans les ménages sillonnés. Les habits déjà disponibles seront tout simplement repassés et portés pour l’occasion, confient plusieurs habitants. Du côté des repas, l’accent est mis sur le strict nécessaire. Quelques produits sont achetés pour partager un moment convivial, « se rafraîchir la gorge » et marquer symboliquement la fête. « Même si on ne mange pas beaucoup, il faut au moins boire pour dire que la fête est passée », confie un habitant du quartier Dégakon. Pour certains ménages, aucun programme précis n’est arrêté à l’avance. Les derniers réglages se feront le moment venu. L’important, expliquent-ils, est de se retrouver en famille, d’échanger et de débuter la nouvelle année dans un cadre propre et apaisé.
La prière au cœur des préparatifs
Au-delà des aspects matériels, la dimension spirituelle occupe une place centrale dans les préparatifs. À Cotonou, la nuit du 31 décembre est traditionnellement marquée par une forte affluence dans les églises. Prières, messes d’action de grâce et veillées spirituelles rythment l’attente du passage à la nouvelle année. « Le plus important, c’est la prière », insiste Moïse, qui dit vouloir remercier Dieu pour les grâces reçues au cours de l’année 2025 et confier l’année 2026 à la providence divine. Comme lui, plusieurs chefs de famille prévoient de faire dire des messes d’action de grâce. Maxime, rencontré à Akpakpa, envisage quant à lui de passer toute la nuit du 31 décembre à l’église. « C’est une manière de remettre la nouvelle année entre les mains de Dieu », explique-t-il.
Entre espoir, vœux et nouvelles résolutions
Le Nouvel An demeure aussi un moment de projection vers l’avenir. Dans les ménages, les vœux exprimés sont simples mais essentiels. La santé arrive en tête des priorités, suivie de la paix, de la joie, de la stabilité financière et de la réussite des projets personnels et familiaux. Parents, enfants, petits-enfants et proches sont tous inclus dans ces prières et aspirations. Pour beaucoup, l’année 2026 représente une nouvelle chance : celle de réussir là où 2025 a laissé des espoirs inachevés. « Avoir la paix du cœur, c’est déjà avoir la santé », affirme dame Paula, cadre dans une entreprise de la place à Cotonou. Elle rappelle l’importance de garder l’espoir et de continuer à aller de l’avant, malgré les difficultés économiques et sociales. Ainsi, entre préparatifs matériels limités, ferveur spirituelle affirmée et attentes personnelles profondes, les ménages de Cotonou se mobilisent pour accueillir la nouvelle année dans la sobriété, la solidarité et l’espérance.
Léonce Adjévi et Patrice Zoundé (Coll)


















