La 4ème édition du Festival international du film des femmes de Cotonou (Fiff Cotonou) a officiellement ouvert ses portes le mardi 3 février 2026 à Cotonou. Prévu pour s’achever le samedi 7 février, l’événement se tient cette année autour du thème « Femmes, libérez votre créativité », une invitation à l’expression artistique et à la prise de parole des femmes à travers le cinéma. La cérémonie d’ouverture a été marquée par la projection du film « Douwé », un court-métrage de fiction écrit et réalisé par 12 adolescentes béninoises, avec l’appui de l’Unicef, partenaire du festival.
Le film « Douwé » raconte l’histoire d’une adolescente brillante issue d’un milieu rural, qui rêve de devenir infirmière. Soutenue par sa mère et convaincue que l’école est une voie d’émancipation, elle voit pourtant son avenir compromis lorsque, confronté à la précarité, son père l’oblige à abandonner ses études pour travailler et soutenir la famille. Accablée par les tâches, la faim et la pression sociale, Douwé assiste à l’effondrement de ses rêves. À travers ce destin, le film interroge avec force le droit à l’éducation des filles et met en lumière les inégalités de genre encore profondément ancrées dans certaines communautés. Ce film est l’aboutissement d’un projet lancé en 2025 par l’Unicef Bénin, avec l’appui du gouvernement du Canada, en partenariat avec Hiris Productions et Kino Wendia. L’initiative visait à former des adolescentes issues de différentes régions du Bénin notamment du Nord, du Zou et du Couffo à la réalisation de films documentaires et de fiction. Le programme a combiné formations en ligne sur le storytelling, la réalisation audiovisuelle, le montage, mais aussi sur les droits des filles, le leadership féminin et la prévention des violences basées sur le genre. Il s’est achevé par un atelier intensif de création à Lokossa, au cours duquel les participantes ont écrit et tourné leurs productions, dont le film collectif « Douwé ».
Donner une caméra, c’est donner un pouvoir

Présente à la cérémonie d’ouverture, la Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Bénin, Aminatou Sar, a salué l’initiative. Elle a souligné que donner une caméra à une fille, « ce n’est pas seulement lui donner un outil, mais un pouvoir : celui de raconter son monde, de questionner les normes et de s’affirmer ». Elle a également insisté sur le caractère émancipateur du projet, rappelant que les métiers du cinéma et de la création audiovisuelle ne sont pas réservés aux hommes et peuvent constituer de véritables voies d’autonomisation économique et sociale pour les filles.
Un festival engagé pour le cinéma féminin
Dans son discours d’ouverture, la fondatrice et directrice du Fiff Cotonou, Cornélia Glèlè, a exprimé son émotion et sa fierté de voir le festival atteindre sa quatrième édition. Elle a rappelé que le thème de cette année est à la fois « un appel, un cri et une invitation » adressés aux femmes pour oser créer, raconter leurs histoires et occuper pleinement l’espace cinématographique. Elle a salué le programme Kino Wendia, qui accompagne de jeunes filles dans leurs premiers pas au cinéma, et invité le public à découvrir « Douwé », présenté comme bien plus qu’un film, mais comme un message fort en faveur des droits des filles. Le Fiff Cotonou 2026 propose un programme riche et varié, comprenant des projections de films en compétition, des panels, des rencontres professionnelles, une conversation avec la marraine du festival Aïssa Maïga, ainsi que plusieurs activités culturelles. Toutes les manifestations sont libres et gratuites.
Léonce Adjévi



















