À quelques jours du lancement de la campagne de commercialisation du soja 2026-2027, l’Interprofession soja Bénin (I-Soja Bénin) renforce le dispositif d’approvisionnement des unités industrielles. A ce titre, 23 directeurs généraux d’usines de transformation du soja ont reçu, ce mercredi 4 novembre 2026, leurs droits d’approvisionnement en soja grain. La cérémonie s’est déroulée au siège de la Chambre nationale d’agriculture à Cotonou, sous la présidence de Djibril Afatiti, président de l’Interprofession.
La filière soja béninoise mise sur une meilleure organisation de sa commercialisation pour la campagne 2026-2027. Dans cette dynamique, l’Interprofession soja Bénin a procédé à la remise officielle des droits d’approvisionnement en soja grain à 23 responsables d’unités industrielles. Cette mesure vise à faciliter les achats des transformateurs nationaux, mais surtout à garantir la disponibilité de la matière première dans les usines. En tant que structure chargée de coordonner les interventions des différents acteurs de la filière, l’I-Soja Bénin entend ainsi encadrer davantage les opérations d’achat et de transport du soja grain sur le territoire national. Pour Hassane Ibrahim N’Guatado, secrétaire permanent de l’I-Soja Bénin, ces droits d’approvisionnement constituent un mécanisme de sécurisation de la production et du transport du soja vers les unités industrielles. Ils devraient également contribuer à lutter contre les sorties frauduleuses des produits vers les pays voisins. « Ces droits d’approvisionnement que nous avons remis à l’ensemble des industriels, c’est pour sécuriser la production, sécuriser le transport des produits vers les usines et éviter que nos produits se retrouvent dans les pays voisins par sortie frauduleuse », a-t-il expliqué. L’ambition affichée pour cette campagne est d’approvisionner les usines nationales à hauteur de plus de 450 000 tonnes. Pour atteindre cet objectif, l’Interprofession travaille à l’organisation de commercialisations groupées avec les producteurs. Les industriels bénéficiaires devront associer leurs droits d’approvisionnement aux bons de commande délivrés à leurs fournisseurs.
La production passe de 500 000 à plus de 800 000 tonnes
Prenant la parole à cette occasion, le président de l’I-Soja Bénin, Djibril Afatiti, a salué les performances enregistrées par la filière ces dernières années. Il a notamment mis en avant la progression de la production nationale, passée d’environ 500 000 tonnes en 2024, année de mise en place de l’Interprofession, à plus de 800 000 tonnes pour la campagne 2026-2027. « Le soja béninois fait aujourd’hui la fierté de la sous-région, voire du monde, au regard de sa qualité exceptionnelle. Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est le fruit de l’effort conjugué de l’ensemble des maillons de cette filière, mais aussi et surtout de la vision éclairée de notre gouvernement, qui accompagne sans relâche les actions de l’Interprofession », a-t-il déclaré. Cette progression de plus de 60 % en deux ans, selon lui, est le résultat des investissements consentis par l’Interprofession pour soutenir les différents maillons de la filière. À ce titre, il a évoqué plus de 4 milliards de FCfa de crédits de production mis à la disposition des producteurs et plus de 2 milliards de FCfa investis dans l’acquisition d’inoculums pour améliorer durablement les rendements. À ces investissements s’ajoutent l’acquisition de 2 000 bascules modernes destinées à garantir la transparence et l’équité dans les opérations de commercialisation, ainsi qu’un dispositif de suivi et d’appui-conseil déployé dans 61 coopératives communales de producteurs de soja sur toute l’étendue du territoire national.
La transformation locale au cœur des priorités
Au-delà de la remise des droits d’approvisionnement, Djibril Afatiti a présenté la cérémonie comme un exercice de reddition de comptes. L’occasion, selon lui, de permettre aux acteurs de mesurer concrètement les réalisations de l’Interprofession et de mieux comprendre l’importance du financement des fonctions critiques de la filière. S’adressant aux responsables des unités industrielles, il a insisté sur la valeur du document qui leur a été remis. « Ce document n’est pas un simple papier. C’est le Pass officiel qui vous autorise à approvisionner vos usines. C’est la preuve que l’Interprofession, conformément à sa mission, vous garantit l’accès au soja grain », a-t-il souligné. Le président de l’Interprofession a également rappelé aux industriels bénéficiaires que ces droits d’approvisionnement devront obligatoirement être couplés aux bons de commande qu’ils délivrent à leurs fournisseurs lors du transport des produits vers les unités industrielles. L’objectif de l’I-Soja Bénin est donc de garantir prioritairement l’approvisionnement des industries nationales avant d’organiser l’exportation des surplus de production. « Notre double objectif est clair : assurer d’abord et totalement l’approvisionnement de nos usines nationales, et ensuite organiser l’exportation des surplus de production pour faire rayonner le Bénin », a conclu Djibril Afatiti. Avec une production annoncée de plus de 800 000 tonnes et un dispositif renforcé de traçabilité, l’Interprofession soja Bénin entend faire de la campagne 2026-2027 une étape importante dans le développement de la transformation locale et le rayonnement du soja béninois.


















