Le gouvernement béninois vient de franchir une étape majeure dans la modernisation de l’état civil et la sécurisation de l’identité des citoyens. La fixation officielle des conditions et modalités d’établissement des documents d’identification des personnes physiques à travers le décret n°2025-678 du 29 octobre 2025 signé du président Patrice Talon et de trois de ses ministres marque un tournant stratégique dans la gouvernance administrative et la protection des droits fondamentaux.
Adoptée dans un contexte de digitalisation croissante des services publics, cette décision vise à garantir à chaque Béninois une identité unique, authentique et juridiquement reconnue. Elle vient également harmoniser les procédures jusque-là hétérogènes et parfois sources de confusion pour les usagers. En effet, la légalisation des pièces administratives comme l’acte de naissance, la carte nationale d’identité et autres relevait d’un parcours de combattant. Dans certains milieux, il est exigé la légalisation du Certificat d’identification personnelle (Cip) et de la Carte nationale d’identité biométrique malgré les nombreux rappels à l’ordre du gouvernement. Sensible aux complaintes des populations, l’Exécutif avec à sa tête le président Patrice Talon a décidé de soulager leurs peines à travers par exemple la revue de la durée de validité de certains documents et l’interdiction de leur légalisation. C’est ainsi que la durée de validité du Certificat d’identification personnelle et du Certificat d’identification personnelle d’afro-descendant a été portée à 5 ans, et 3 ans pour le Certificat d’identification personnelle d’étranger puis ces documents sont exemptés de légalisation. Selon les autorités béninoises, la mise en place de ces nouvelles dispositions permettra d’améliorer sensiblement la fiabilité des données à caractère personnel, de renforcer la lutte contre la fraude documentaire et de faciliter l’accès aux services sociaux de base. Les documents d’identification, qu’il s’agisse de l’acte de naissance sécurisé, de la Carte nationale d’identité biométrique, du Certificat d’identification personnelle, du Certificat d’identification personnelle d’afro-descendant, du Certificat d’identification personnelle d’étranger ou du passeport ordinaire biométrique, seront désormais établis suivant des règles claires, transparentes et conformes aux standards internationaux. Les Organisations de la société civile, tout comme les acteurs du secteur numérique, saluent cette avancée qu’ils jugent essentielle pour soutenir les réformes engagées dans le pays depuis avril 2016. Pour eux, la sécurisation de l’identité constitue un levier indispensable pour l’inclusion sociale, l’efficacité des politiques publiques et la participation citoyenne. Avec cette énième mesure, le Bénin confirme sa volonté d’offrir à chaque citoyen une identité solide et vérifiable, tout en posant les bases d’une administration moderne, plus proche des populations et résolument tournée vers l’avenir.
Serge Adanlao

















