A Maputo en 2003, le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (Pddaa) et les pays présents se sont engagés à allouer au moins 10% de leurs ressources budgétaires nationales au développement agricole et rural. C’est cette vision que l’actuel Fonds national de développement agricole (Fnda), fruit de la vision du Président Patrice Talon, s’efforce de traduire depuis lors en actes concrets.
Le Fnda intervient auprès des producteurs et entrepreneurs agricoles à travers deux axes à savoir l’axe subvention pour le financement des investissements structurants et des services non financiers et l’axe facilitation de l’accès au crédit en lien avec les banques et Sfd partenaires (garantie, refinancement et bonification de taux d’intérêt).
Ainsi donc, pour ses interventions, le Fnda dispose de trois guichets distincts, mais complémentaires. Avant l’avènement du Président Patrice Talon, le financement des initiatives privées agricoles au Bénin était très faible et surtout marqué par plusieurs difficultés (taux d’intérêts allant jusqu’à 24% l‘an pour les Sfd, insuffisance de garanties, inadéquation des crédits aux besoins, réticence des banques/ Sfd) qui limitaient l’accès au crédit à certaines activités et à certains maillons des chaines de valeurs agricoles, créant un déséquilibre dans la répartition du crédit entre les filières agricoles. En conséquence, seule la filière coton était relativement financée par les institutions financières en raison de la bonne structuration de son circuit économique. Cette filière était aussi, il faut bien le dire, directement subventionnée par le budget national (plus de 120 milliards de subvention entre 2013 et 2016 pour un résultat mitigé). Les deux outils publics mis en place étaient peu ou presque pas opérationnels (Fnda + Fadec/ Agriculture) et n’avaient pas encore eu de résultats. En 2015, seulement 1,3 milliard avait été transféré aux communes via le Fadec/Agriculture. Voilà, le visage que présentait le secteur avant l’avènement au pouvoir de Patrice Talon en 2016.
Changement de cap à partir de 2016
Depuis 2016, la part des dépenses publiques du secteur agricole dans celles générales de l’État est toujours supérieure à 10% (ratio de Maputo, ndlr) ; sauf en 2017. Sinon que la moyenne annuelle était de 10,8% entre 2016-2022. Toujours depuis 2016, les financements consacrés au secteur agricole sont en nette augmentation atteignant un volume de 224 milliards FCFA en 2022, soit un taux d’accroissement moyen annuel de plus de 16% entre 2016 et 2022.
Par ailleurs, la stabilisation du financement de la filière coton permet désormais son autofinancement avec à la clé, des gains substantiels engrangés par le trésor public. En effet, de 2016 à ce jour, c’est seulement à partir de 2022 que l’État a dû intervenir dans le sous-secteur, en raison des effets de la guerre russo-ukrainienne pour soutenir les intrants dont les prix ne cessent de grimper d’année en année.
Montants mobilisés par guichet
Pour les subventions (Guichet1 et Guichet2), les ressources mobilisées par le Fnda s’élèvent à environ 4,7 milliards auprès des Partenaires Techniques et Financiers (Coopération Suisse, Enabel, Lux Dev, Projets/pro- grammes). La facilitation de l’accès au crédit étant le corps métier du Fnda, l’Etat a doté le guichet-3 « Accès aux services financiers » d’une ligne de financement de 100 milliards à mobiliser en fonction des besoins. L’Etat a déjà mobilisé auprès des partenaires techniques et financiers (KFW, BEI, Projets/ Programmes) plus de 43 milliards.
Les perspectives
En termes de perspectives, elles tournent autour de trois axes principaux à savoir : la poursuite des efforts d’amélioration des facilités offertes par le Fnda aux producteurs et promoteurs agricoles, l’amélioration de leurs conditions d’accès aux financements adaptés aux réalités des filières agricoles, et enfin le développement de l’assurance agricole. L’un dans l’autre, la dynamique amorcée depuis 2016 dans le domaine agricole se poursuivra avec plus d’entrain, d’engagement et de moyens (techniques, financiers, etc.) afin de faire du Bénin, le grenier de l’Afrique de l’Ouest.
Le Fnda en bref
Le Fonds national de développement agricole (Fnda), établissement public à caractère agricole, a pour vocation de promouvoir l’investissement privé dans le secteur agricole et de l’orienter par des subventions ciblées et des instruments financiers adaptés vers des activités qui permettent une meilleure exploitation du potentiel agricole national, toutes choses qui contribueront à l’amélioration des revenus agricoles et à la sécurité alimentaire en encourageant la promotion des filières agricoles.
En étroite collaboration avec les Agences Territoriales de Développement Agricole (Atda), le Fnda joue un rôle de catalyseur de l’investissement privé dans l’agriculture à travers ses trois (03) guichets : (i) G1: Subventions aux investissements structurants agricoles ; G2: Accès aux services non financiers ; G3: Accès aux services financiers.
Le corps métier du Fnda est la facilitation de l’accès au crédit à travers son guichet-3 « Accès aux services financiers », le plus prépondérant, dont l’objectif est de permettre aux entrepreneurs agricoles d’accéder auprès des banques et des institutions de microfinance à des crédits aux conditions adaptées aux besoins et aux contraintes spécifiques du secteur agricole, à travers la mise en place des fonds de facilitation, de refinancement, de garantie, de bonification de taux d’intérêts ou tout autre instrument financier jugé approprié. A travers ce guichet, de 2020 à 2024, le Fnda a facilité la mise en place de FCFA 75,111 milliards de crédits par les institutions financières partenaires au profit de 6.638 projets agricoles.
En ce qui concerne l’axe subvention, le Fnda à travers ses guichets 1 et 2 a pour vocation de financer, d’une part sous forme de subventions intégrales ou partielles, (i) des infrastructures et équipements d’intérêt général permettant de créer un effet de levier pour le développement des filières agricoles, la sécurité alimentaire et soutenir, d’autre part, sous forme de subventions à frais partagés et sous certaines conditions spécifiques, des investissements qui permettent aux exploitants et entrepreneurs agricoles de démarrer, de consolider, d’étendre et/ou de professionnaliser les activités de production, de transformation et de commercialisation des produits agricoles, animaux et halieutiques ; (ii) l’accès des acteurs intervenant dans la chaîne de valeur des filières agricoles et de leurs organisations aux services non financiers de recherche, d’appui-conseil, de formation, de renforcement des capacités d’appui institutionnel et d’assistance technique. Ces deux guichets contribuent à améliorer l’attractivité des promoteurs agricoles auprès des institutions financières en vue de leur accès au crédit. De 2020 à 2024, le FNDA a mis en place Fcfa 3,417 milliards de subventions au profit de 91 projets agricoles.
Globalement de 2020 à 2024, avec un engagement de 25,677 milliards Fcfa, le Fnda a facilité 82,814 milliards de Fcfa de financements au profit de 6.729 projets qui ont impacté 29.016 bénéficiaires directs (producteurs et exploitants agricoles) dont 10.106 femmes.
Sergino Lokossou



















