La cérémonie de clôture de la formation sur le contrôle des armes légères et de petits calibres a couronné, vendredi 7 novembre 2025, la première phase à Lomé. Plus qu’un simple événement protocolaire, elle a marqué l’émergence d’un réseau panafricain de 19 experts désormais outillés pour s’attaquer à l’un des plus grands facteurs de déstabilisation du continent : la prolifération incontrôlée des armes légères et de petit calibre (Alpc).
Ce qui distingue cette formation organisée par l’Unrec et l’Unitar, c’est son ancrage résolument opérationnel. Les bénéficiaires, issus de 16 nationalités différentes, ne se sont pas contentés de discours. Ils ont participé à des exercices pratiques de marquage et de destruction d’armes au Centre de perfectionnement aux actions post-conflictuelles (Cpadd) de Ouidah. Le marquage permet de tracer l’origine des armes et de perturber les circuits d’approvisionnement des groupes armés non étatiques, terroristes et criminels. Alors que la destruction, quant à elle, retire définitivement ces armes de la circulation. Comme l’a souligné leur porte-parole, Bamidele Matthew Shafa, « aucune région d’Afrique n’est épargnée ». Des conflits pastoraux dans le Sahel aux violences communautaires dans le bassin du lac Tchad, en passant par la criminalité organisée en Afrique australe ou de l’Ouest, les Alpc sont l’élément multiplicateur de violence qui transforme un conflit local en crise régionale.
Une vision à long terme
Cette bourse de formation de l’Onu a ainsi permis de créer une « nouvelle cohorte de leaders » qui agiront comme des « multiplicateurs de force » dans leurs pays et institutions respectifs. Autrement, il ne s’agit pas seulement de former des techniciens, mais de construire un réseau d’influenceurs capables de porter le flambeau du désarmement et de la sécurisation.
La recommandation phare des participants – intégrer ce programme comme module dans les formations militaires – vise à institutionnaliser la culture du contrôle des armes dès le plus jeune âge des carrières militaires et sécuritaires, en faisant de la gestion sécurisée des stocks une compétence de base et non plus une spécialité marginale. L’enthousiasme et l’engagement des nouveaux experts, salués par le coordonnateur du programme, Manuel Martinez Miralles, sont un capital précieux.
« Vos approches innovantes en matière de gestion des stocks d’armes, d’engagement communautaire ou de marquage et de traçage ont été inspirantes. Vous avez remis en question nos hypothèses, posé des questions pertinentes et proposé des solutions solides. C’est exactement l’esprit que nous espérions. », a-t-il déclaré.
Cependant, le véritable test commence maintenant. Ces experts devront faire face à des réalités de terrain souvent complexes : la corruption, le manque de moyens logistiques, la porosité des frontières et la résistance de certains acteurs institutionnels peu désireux de voir leurs arsenaux strictement contrôlés.
« Vous disposez désormais des outils, des connaissances et des réseaux nécessaires pour renforcer la mise en œuvre nationale et la coopération régionale », a-t-il ajouté à l’endroit des boursiers. Et « Chaque politique que vous contribuez à renforcer, chaque arme que vous contribuez à tracer, chaque frontière que vous aidez à sécuriser signifie que vous sauvez des vies et bâtissez des sociétés plus sûres », renchérit, au nom du directeur de l’Unrec, Abdel Qayyoumou Darou-Salim.
Le dernier jour de la formation, les participants ont effectué une visite au monument de l’Amazone. Manuel Martinez Miralles a puisé dans ce personnage historique, une métaphore pour ragaillardir les participants. « J’y ai vu, dans [le regard de l’Amazone], de la détermination et du courage. En retournant dans vos pays respectifs, portez cette même détermination et ce même élan », a insisté Manuel Martinez Miralles.
La métaphore finale de la statue de l’Amazone d’Abomey, symbole de courage et de détermination, est un message fort. Elle rappelle que la lutte contre la prolifération des armes est un combat qui demande de la ténacité. Au-delà des difficultés, ils doivent retenir que « Chaque arme que vous contribuez à tracer (…) signifie que vous sauvez des vies », persiste Abdel Qayyoumou Darou-Salim.




















