À Azovè, Plan international Bénin renforce les capacités des professionnels des médias sur l’égalité de genre, l’inclusion et le traitement sans stigmatisation du Vih. Plusieurs journalistes engagés pour une information plus responsable ont pris part à cette formation qui s’est déroulée du 5 au 7 mai 2026.
Changer le regard, déconstruire les préjugés et renforcer la responsabilité sociale des médias. C’est autour de ces enjeux majeurs que Plan international Bénin a réuni, du 5 au 7 mai 2026, des journalistes et patrons de presse venus de divers horizons du Bénin. Organisé à l’Hôtel Immaculé, cet atelier de formation s’inscrit dans une dynamique de professionnalisation du traitement médiatique des questions sensibles, notamment celles liées au Vih, à l’égalité de genre, à l’inclusion sociale et aux droits humains. Pendant trois jours, les participants sont appelés à revisiter leurs pratiques professionnelles et renforcer leurs capacités.
Procédant à l’ouverture officielle des travaux, Wilfried Djogbénou, superviseur et psychologue clinicien au dispensaire des Ist de Cotonou, a insisté sur le rôle stratégique des médias dans la lutte contre les discriminations. Selon lui, « informer, ce n’est pas seulement relayer des faits, c’est aussi contribuer à transformer les mentalités ». Un message fort qui place les journalistes au cœur de la riposte sociale contre la stigmatisation.
La première journée a été marquée par des communications de haut niveau assurées par deux médecins de Plan international Bénin, Vivienne Boco et Fidèle Bonou. À travers leurs présentations, ils ont dressé un état des lieux clair et sans détour de la situation du Vih au Bénin. Le constat reste préoccupant : malgré les progrès enregistrés, la stigmatisation demeure une réalité persistante. « La discrimination existe encore, parfois même les familles », ont-ils fait observer, appelant à une mobilisation collective.
Apparu dans les années 1980, le Vih demeure une question majeure de santé publique. Au Bénin, la prévalence est estimée à environ 1,2 % de la population selon les statistiques. Toutefois, certaines populations clés présentent des taux plus élevés, notamment les travailleuses du sexe (7,2 % en 2022), les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (8,3 %), les consommateurs de drogues injectables (2,3 %) et les personnes transgenres (21,9 % en 2020). Face à ces réalités, les communicateurs ont insisté sur l’importance d’une approche globale intégrant la prévention, le dépistage, l’accès au traitement, la lutte contre la stigmatisation, ainsi que les réformes légales et politiques, l’égalité de genre.
Les échanges ont également porté sur l’objectif international « 95-95-95 » à atteindre d’ici 2030. Il vise à ce que 95 % des personnes vivant avec le Vih connaissent leur statut sérologique, que 95 % de celles diagnostiquées aient accès au traitement antirétroviral, et que 95 % des patients sous traitement atteignent une charge virale indétectable. Les médecins ont exhorté les professionnels des médias à s’approprier ces enjeux et à contribuer activement à leur vulgarisation à travers des contenus responsables, précis et respectueux des droits humains.
Des échanges riches et constructifs
Au cours de cette première journée, les participants ont également suivi des témoignages vidéo de personnes vivant avec le Vih, suscitant des échanges riches et constructifs. Les journalistes ont soulevé plusieurs préoccupations, notamment l’accès à des sources fiables, la protection des sources et la lutte contre la désinformation. En réponse, Plan international Bénin a réaffirmé sa volonté de faire des médias des partenaires stratégiques dans la riposte nationale contre le Vih, en les accompagnant vers un traitement plus éthique et inclusif de l’information.
L’atelier se poursuit jusqu’au 7 mai 2026 avec la participation active des professionnels de la presse écrite, audiovisuelle et numérique. À l’issue des travaux, des engagements concrets sont attendus pour promouvoir un traitement médiatique débarrassé des stéréotypes de genre et des discours stigmatisants.
Jean-Eudes Chicha
(Br Mono-Couffo)



















