En vue de rendre un ultime hommage à l’ambassadeur Gratien Lazare Pognon décédé il y a quelques semaines, les parents, proches, amis, anciens ambassadeurs et ministres plénipotentiaires du Bénin se sont retrouvés pour saluer la mémoire d’un diplomate dont le parcours aura profondément marqué l’histoire de la représentation du pays à l’étranger. La cérémonie qui s’est tenue au ministère des Affaires étrangère, jeudi 20 août 2026, a été présidée par le Secrétaire général adjoint du ministère, Amour-Marie Ako.
Le Bénin n’est pas encore prêt d’oublier feu Gratien Pognon. Figure majeure de la diplomatie béninoise, l’illustre disparu appartient à la génération de cadres envoyés en formation dans le système diplomatique français à la veille de l’indépendance. Il a ensuite occupé d’importantes fonctions au service du Dahomey puis du Bénin. Ancien ambassadeur aux États-Unis d’Amérique, en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas et auprès de l’Union européenne, il a également été coprésident du Comité de coopération financière et technique entre ces pays et la Communauté européenne.
Dans cette fonction, il s’est particulièrement illustré dans le domaine de la coopération économique en faveur des pays du tiers monde. Son parcours africain n’est pas moins remarquable. Ancien secrétaire général adjoint de l’Organisation de l’unité africaine (Oua), Gratien Pognon aura contribué, à différents niveaux de responsabilité, à poser les bases d’une diplomatie béninoise active, crédible et ouverte sur les grands enjeux internationaux.
Dans son intervention, au nom de l’Association des ambassadeurs et ministres plénipotentiaires de la République du Bénin à la retraite, Jacques Adandé a insisté sur l’héritage moral laissé par le disparu. « Ce que l’ambassadeur Pognon laisse, entre autres, en héritage au corps des diplomates, c’est la conscience de la dignité du diplomate. Il a été comme un serviteur dévoué de l’État et constamment à la recherche de l’excellence, essentiellement préoccupé de l’intérêt national, soucieux en toutes choses de l’information juste, objective et courageuse à fournir à son gouvernement », a-t-il souligné.
A sa suite, Amour-Marie Ako, représentant le ministre des Affaires étrangères, a salué la trajectoire d’un homme dont la compétence et la loyauté étaient constamment orientées vers le service de la collectivité. « L’ambassadeur Gratien Pognon s’en est allé, mais son œuvre demeure, gravée dans les actes qu’il a posés et dans le souvenir qu’il laisse, celui d’un homme cultivé, respecté et admiré, profondément attaché aux valeurs républicaines», a lancé le Secrétaire général adjoint. A son dire, les jeunes générations de diplomates trouveront dans son parcours l’exemple d’une carrière construite, pierre après pierre, loin des honneurs faciles, dans la patience des dossiers instruits avec sérieux et la fidélité aux principes qui fondent la dignité des nations. « C’est cet héritage que nous devons aujourd’hui saluer et préserver», a conclu l’ambassadeur.
Pour la famille, représentée par Virgile Pognon, l’émotion était palpable. A travers des expressions empreintes de gratitude, il a évoqué un homme ouvert, attaché à l’amitié et dont l’héritage demeure immense. Un livre de condoléances a été ouvert dans le hall du bâtiment principal du ministère des Affaires étrangères. Après cet hommage, l’illustre disparu devait être conduit ce vendredi à sa dernière demeure, laissant derrière lui le souvenir d’un pionnier dont l’action a contribué à écrire quelques-unes des premières grandes pages de la diplomatie béninoise.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)

















