(Quand les chiffres brisent le silence des femmes)
Depuis sa création, l’Institut national de la femme (Inf) s’impose comme un acteur central de la lutte contre les violences et les discriminations faites aux femmes. Les données cumulées entre 2021 et 2025 témoignent d’une dynamique forte, révélatrice d’une transformation profonde : celle d’une parole féminine qui se libère et d’un accès à la justice qui progresse de manière significative.
En l’espace de quelques années, 8 006 dossiers de plaintes ont été enregistrés par l’Inf. Ce volume, en constante augmentation, illustre l’ampleur des violences dénoncées mais surtout la confiance grandissante des femmes envers les mécanismes d’écoute, d’accompagnement et de protection mis en place. Sur ces plaintes, 1 639 dossiers ont été portés devant les juridictions, traduisant un passage effectif de la parole à l’action judiciaire. Plus marquant encore, 998 décisions de justice ont été obtenues, un chiffre qui atteste de l’efficacité de l’accompagnement juridique assuré par l’Institut et de sa capacité à transformer les plaintes en résultats concrets. L’analyse annuelle confirme cette montée en puissance. De 298 dossiers reçus en 2021, l’Inf est passé à 1 117 dossiers en 2023, puis à 2 109 dossiers en 2024, avant d’atteindre 4 482 dossiers en 2025. Dans le même temps, le nombre de décisions de justice favorables a suivi une progression similaire, passant de 15 décisions à 910 décisions sur la période considérée. Ces chiffres traduisent une institution qui gagne en visibilité, en crédibilité et en efficacité. Au-delà des procédures judiciaires, l’action de l’Inf s’étend à l’accompagnement global des victimes. Plus de 1 000 femmes ont bénéficié d’un soutien juridique, tandis qu’un suivi psychologique a été assuré pour aider les victimes à se reconstruire. Cette approche intégrée renforce la portée de l’action institutionnelle et répond à la complexité des violences subies. L’augmentation des chiffres ne doit pas être interprétée comme une aggravation isolée des violences, mais comme un signal fort : les femmes osent désormais parler. Elles brisent les tabous, sortent du silence et utilisent les dispositifs de protection et de justice à leur disposition. À travers ces performances chiffrées, l’Institut national de la femme apparaît comme un rempart solide et un allié engagé. Les données parlent d’elles-mêmes : le silence recule, la justice avance, et les femmes ne sont plus seules. Ensemble, chiffres à l’appui, la lutte contre les violences gagne du terrain.
Gabin Goubiyi

















