Réunis jeudi 20 août 2026 à Cotonou dans le cadre d’un atelier de validation du rapport d’analyse du cadre légal, réglementaire et déontologique relatif à l’interruption volontaire de grossesse (Ivg), les acteurs du projet Pass-Sr, Arayaa-Santé et Msfc ont passé en revue les difficultés qui entravent encore l’accès effectif aux soins. L’étude ouvre la voie à de nouvelles actions de plaidoyer en faveur d’une meilleure application du dispositif légal.
L’accès aux soins liés à l’interruption volontaire de grossesse (Ivg) demeure confronté à plusieurs obstacles au Bénin. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude présentée et examinée lors de l’atelier de validation organisé, jeudi 20 août 2026 à Cotonou, dans le cadre de la mise en œuvre de l’activité 4 du projet Pass-Sr, Arayaa et Msfc. La rencontre visait à examiner et valider collectivement les résultats, suggestions et recommandations issus de l’analyse du cadre légal, réglementaire et déontologique existant sur l’Ivg. L’objectif est de finaliser le rapport définitif, considéré comme un outil majeur pour la poursuite des activités du projet et la conduite des actions de plaidoyer.
Un cadre légal confronté aux réalités du terrain
Chargée de programme Arayaa/Santé, Dr Milène Holonou a présenté l’analyse du cadre légal, juridique et déontologique devant servir de base aux actions de plaidoyer. À sa suite, Eric Akpi, chercheur en sciences sociales et en santé publique et consultant de l’étude, a exposé les principales conclusions de ses travaux. L’étude se veut une véritable cartographie du parcours de la politique d’avortement au Bénin, depuis sa formulation jusqu’à sa mise en œuvre dans les formations sanitaires. Elle analyse notamment les acteurs impliqués, leurs rôles et positions, les connaissances, attitudes et pratiques des prestataires, ainsi que les obstacles rencontrés par les femmes sollicitant ces soins. Les constats au Bénin ont également été confrontés aux expériences de pays de la sous-région, notamment le Ghana. Pour Eric Akpi, plusieurs difficultés persistent dans l’opérationnalisation du dispositif. Il évoque notamment le poids des considérations religieuses et morales chez certains prestataires, la pauvreté, la vulnérabilité des personnes handicapées et l’insuffisance d’outils permettant d’assurer efficacement le référencement des femmes vers des prestataires lorsque le professionnel sollicité est objecteur de conscience. «Le Bénin n’est pas un cas isolé », a-t-il indiqué. Le consultant relève également que les obstacles financiers constituent une importante barrière à l’accès aux soins, en raison de l’absence d’une harmonisation des coûts sur l’ensemble du territoire.
Des recommandations pour améliorer l’accès
Parmi les principales recommandations formulées figurent la révision de certaines dispositions légales, notamment celles relatives au délai de douze semaines, que l’étude estime restrictif au regard des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Eric Akpi préconise également le renforcement de la formation des prestataires, la clarification des valeurs et la transformation des attitudes afin de réduire la stigmatisation et les réticences autour de l’Ivg. Il recommande, par ailleurs, l’élaboration de formations spécifiques validées par le ministère de la Santé, ainsi que la mise en place d’un protocole harmonisé concernant les coûts des soins afin de faciliter l’accès des femmes, particulièrement celles issues des couches vulnérables. Pour Tansi Koba, chargé de projet à l’Ong Jeune Volontaire pour la Santé, les travaux devraient permettre de dégager des orientations concrètes pour la suite du plaidoyer. « Nous sommes ressortis d’ici avec des recommandations assez clés qui vont pouvoir nous aider dans les propositions de notre plaidoyer. » a-t-il confié. Il se réjouit de ce qu’à l’issue de l’atelier, les acteurs disposeront d’une vision plus claire de la mise en œuvre de la loi sur la santé sexuelle et reproductive depuis sa modification en 2021. Une base indispensable, selon lui, pour formuler des actions de plaidoyer pertinentes en faveur de l’accès sécurisé aux soins de santé reproductive.
















