En cette période du mois de Ramadan, les fruits coûtent pratiquement les yeux de la tête sur le marché. Surtout pour les fidèles musulmans qui sont obligés d’en prendre pour démarrer ou rompre leur carême. Une équipe de la rédaction du quotidien ‘’Le Matinal’’ a rencontré quelques fidèles musulmans et marchands de fruits pour savoir ce qui entraîne la cherté des fruits en cette période de Ramadan au Bénin.
Les fidèles musulmans du Bénin ont entamé le lundi 11 mars 2023, le mois de Ramadan après la confirmation de l’Union islamique du Bénin (Uib). Considéré comme le quatrième pilier de l’Islam, le Ramadan, est un moment d’intenses prières et d’adoration qui permet aux fidèles musulmans de communier avec leur Dieu. Pendant la période du Ramadan, il est recommandé aux fidèles musulmans de rompre le jeûne en prenant des fruits afin de se donner la force pour permettre à l’organisme de s’adapter au rythme du moment. Cependant, au Bénin, le Ramadan coïncide souvent avec la cherté des fruits sur le marché. Selon Amadou Issifou, un enseignant rencontré à Ganhi, la cherté des fruits en cette période du jeûne est liée à l’offre et à la demande sur le marché. « Ce qui cause la cherté des fruits durant le jeûne est l’offre et la demande. Plus il y a de demandes, plus les vendeuses font de la surenchère au niveau des produits. Les vendeuses des fruits sont dans une position de vouloir beaucoup bénéficier. Très souvent, les fruits sont des denrées qui sont périssables donc, elles préfèrent faire de la surenchère pour qu’en cas de baisse de marché, ce qu’elles auraient gagné en abondance puisse être en contrepartie rattrapé avec les avaries qu’elles auraient eues », a fait observer l’enseignant. Bachirou Abdoulaye, un jeune conducteur de taxi-moto communément appelé « Zémidjan », vit cette cherté des fruits sur le marché. Il est obligé de venir à la mosquée de l’Abattoir pour couper son jeûne très souvent. Pour Soumaïla Sarako, un père de famille rencontré à Tanto, c’est à cause de la morosité économique qu’on observe la cherté des fruits sur le marché pendant cette période ramadan. « Les temps sont vraiment durs, c’est difficile pour nous de trouver de quoi nourrir nos familles quotidiennement. En cette période de ramadan, les fruits sont chers en raison de la situation économique dans le pays actuellement », s’est plaint Soumaila Sarako.
Avis des femmes du marché
Pour savoir la raison qui entraîne la cherté des fruits durant la période de Ramadan, nous sommes allés vers quelques revendeuses. A en croire Yolande Zannou, revendeuse de fruits à Ganhi, ce n’est pas à cause de la période de Ramadan que les fruits sont chers, c’est à cause de la saison sèche. « C’est une affaire de temps, c’est la saison sèche, c’est à cause de ça que tout est cher », a fait savoir la revendeuse. Selon Valérie Adjélé, cette revendeuse de fruits au marché Dégakon, ces denrées sont chères depuis les lieux d’approvisionnement. « Si je prends ce régime de banane, je peux dire qu’on peut vendre ça à 1500 francs Cfa avant, mais actuellement, c’est à 2000 FCfa ou 2500 FCfa. Pour l’ananas, aussi, c’est pareil. Avant, on vendait l’ananas à 150 FCfa ou 200 FCfa, mais maintenant, nous ne pouvons plus vendre ça à ce prix. Nous vendons l’ananas maintenant à 250 FCfa ou 300 FCfa. Que ce soit la mangue, l’orange, l’avocat et les autres fruits, leurs prix ont augmenté. Ce n’est pas de notre faute », a-t-elle confié. Par ailleurs, il est important pour les fidèles musulmans de manger les fruits aussi bien au lever du jour pour la prière que le soir au moment de la rupture du jeûne. Face aux difficultés de certains fidèles musulmans à observer cette prescription de l’islam, quelques alternatives s’offrent à eux dans les mosquées où beaucoup de personnes donnent des fruits et des sucres aux personnes qui sont dans le besoin.
Patrice Zoundé (Coll)

















