« Comme j’ai coutume de le dire, depuis 2016, le Bénin est très mal loti par rapport à ses indicateurs. C’est vrai, il ne revient pas seulement aux politiques ou aux autorités administratives de résorber ce problème ou de corriger cette erreur. Mais en grande partie, cela leur est dû. Les professionnels des médias que nous sommes, on devrait nous aussi en ce qui concerne, chercher à travailler davantage à améliorer ces résultats qui ne sont pas du tout bons. Moi, j’ai souvent l’habitude de le rappeler, nous étions au plan africain premier en 2005 si je m’en abuse. On avait de meilleures performances. Et pour finir, tout ça s’est effrité. Il ne faut pas avoir froid aux yeux pour le dire, ça c’est empiré. Les conditions qui sont faites aux médias aujourd’hui ne sont pas les meilleures. Donc, la presse est devenue l’enfant malade du Bénin à l’heure où je vous parle. Et ça, les autorités devraient s’approprier cette réalité et chercher à faire en ce qui les concerne, ce qui leur revient pour que ça s’améliore. Pour nous autres professionnels des médias, nous avons aussi à faire notre introspection et à se demander que faire pour améliorer ces tendances-là. Aujourd’hui, lorsque vous observez ce qui se passe au niveau des médias, franchement, même le factuel pose problème et il n’y a plus d’investigations parce que certains ont peur. L’État central ne communique pas sur cette réalité. Voilà quelque chose par exemple comme le terrorisme et on n’en parle pas. Et donc, moi je dis que nous avons une presse qui est en voie de musellement il faut aussi pouvoir corriger cela. Nous-mêmes, professionnels des médias, nous participons à cela parce que nous sommes tous dans la même situation, parce que nous faisons de l’autocensure. Nous privons même le public de son droit à l’information. La liberté de la presse n’est pas seulement la liberté des journalistes. C’est aussi la liberté du public à avoir droit à une information plurielle. Est-ce que nous servons cette information plurielle aujourd’hui à l’opinion ? Moi je dis, pas véritablement. Donc, chacun a sa chapelle. C’est ce que nous constatons aussi. Certains journaux sont devenus comme des partis politiques. Ce qui n’est pas une bonne chose. Ils sont devenus comme des partisans de la gauche ou de la droite. Je crois que nous avons beaucoup de tares qu’il va falloir corriger. »


















