La commune de Boukoumbé a vibré, mercredi 17 juin 2026 au rythme de la célébration départementale de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse. Autorités administratives, responsables des Eaux, forêts et chasse, partenaires techniques et financiers, autorités traditionnelles, élèves et enfants ambassadeurs des forêts se sont mobilisés autour d’un objectif commun : restaurer les terres dégradées et promouvoir une gestion durable des pâturages.
Placée sous le thème « Pâturages : reconnaître, respecter, restaurer », cette édition 2026 a été marquée par une vaste opération de reboisement dans l’enceinte du Ceg1 de Boukoumbé. Dans son mot de bienvenue, le maire de Boukoumbé a exprimé sa fierté de voir sa commune accueillir cette célébration. « Le choix porté sur notre commune constitue pour nous un honneur, mais également une responsabilité », a-t-il déclaré, avant de prendre un engagement fort : assurer le suivi et l’entretien des plants qui seront mis en terre. « Planter un arbre, c’est un premier pas. Le faire suivre est le véritable défi », a insisté l’autorité communale, annonçant la mise en place d’un dispositif associant l’administration du collège, les parents d’élèves, les enseignants, les apprenants et les services techniques de la mairie.
4 500 plants pour reverdir Boukoumbé
Le directeur départemental des Eaux, forêts et chasse de l’Atacora, Mathias Apokou, a rappelé que Boukoumbé avait initialement été retenue pour accueillir la célébration nationale avant qu’elle ne soit délocalisée pour des raisons logistiques. Il a surtout mis l’accent sur le thème de cette année, qui appelle à une meilleure prise en compte des pâturages dans les politiques d’aménagement du territoire. « Pour gérer durablement les pâturages, il faut une concertation permanente entre agriculteurs, éleveurs, organisations communautaires et collectivités locales », a-t-il expliqué. L’autorité forestière a annoncé qu’une superficie d’environ 2,75 hectares sera reboisée avec près de 4 500 plants composés d’espèces à forte valeur écologique et économique telles que le Mélina, l’Iroko, l’Avzélia, le Caïlcédrat (Khaya senegalensis), le Ceiba et le Senna siamea.
Une lutte pour l’environnement… et pour la paix
Procédant au lancement officiel des manifestations au nom du préfet de l’Atacora empêché, le secrétaire général du département a souligné que cette journée dépasse le cadre d’une simple célébration. « Elle constitue un moment de prise de conscience collective, d’évaluation des efforts accomplis et de mobilisation renouvelée en faveur de la protection de nos terres et de nos ressources naturelles », a-t-il affirmé. Selon lui, la désertification est désormais une réalité tangible dans plusieurs communes de l’Atacora, où l’appauvrissement des sols, la diminution du couvert végétal et la pression sur les ressources naturelles fragilisent les écosystèmes et les moyens d’existence des populations. « Lorsque le pâturage se dégrade, ce ne sont pas seulement des espaces de production qui disparaissent. Ce sont des moyens d’existence qui s’affaiblissent, des ressources en eau qui se raréfient et parfois même la cohésion sociale qui se trouve fragilisée », a-t-il averti. L’autorité départementale a rappelé que la restauration des terres et des pâturages constitue à la fois un enjeu environnemental, économique et social. « Préserver le pâturage, c’est préserver le dialogue entre agriculteurs et éleveurs, favoriser une gestion concertée des ressources naturelles et consolider durablement le vivre-ensemble », a-t-il ajouté.
Un héritage pour les générations futures
Au terme des allocutions, un message fort s’est imposé : la réussite d’une plantation ne se mesure pas au nombre de plants mis en terre, mais au nombre d’arbres qui survivent et grandissent. Dans une envolée lyrique, le secrétaire général du département a rappelé cette responsabilité collective : « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. Ayons donc la sagesse de leur transmettre des terres fertiles, des pâturages productifs, des ressources en eau protégées et des écosystèmes préservés. » Avant de déclarer officiellement ouvertes les manifestations de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, édition 2026, dans le département de l’Atacora. À Boukoumbé, l’espoir est désormais planté en terre. Reste à le faire grandir.
Géraud Adoukonou (Br Atacora/Donga)


















