Le dossier de Réckya Madougou a refait surface cette semaine. La détention de l’opposante béninoise est jugée arbitraire par des experts de l’Organisation des nations unies (Onu) qui exigent sa libération.
Le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’Organisation des nations unies (Onu) a rendu son avis suite à sa saisine par les avocats de l’opposante béninoise Réckya Madougou âgée de 48 ans, et jugée coupable par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), de fait de terrorisme. A l’issue de son procès qui s’est déroulé en décembre 2021, la candidate recalée à l’élection présidentielle du 11 avril 2021, a été condamnée en décembre 2021 à 20 ans de prison. Pour le Groupe de travail de l’Onu, la détention de l’opposante béninoise et ancienne garde des Sceaux Réckya Madougou est « arbitraire » et elle doit être libérée. Dans un avis daté de fin août 2022, mais publié cette semaine, les experts de l’Onu demandent au gouvernement béninois de « prendre les mesures qui s’imposent pour remédier sans tarder à la situation de Mme Madougou ». Ils recommandent sa libération immédiate et exigent que lui soit accordé le droit d’obtenir réparation, notamment sous la forme d’une indemnisation. Ils demandent aussi une enquête sur les circonstances de sa privation de liberté, ainsi que des mesures contre les responsables de la violation de ses droits. Le document de 17 pages, qui détaille les arguments avancés et les griefs relevés contre la procédure a été transmis aux autorités du Bénin, ainsi qu’aux avocats de Réckya Madougou, selon une source digne de foi. Le Groupe de travail sur la détention arbitraire demande à être informé de la suite donnée aux recommandations formulées dans ce document, dans un délai de six mois.
Une énième immixtion
Le ton particulièrement autoritaire avec lequel les experts de l’Onu exigent du Bénin, la libération de Réckya Madougou et les éléments avancés à l’appui de leur injonction, sont symptomatiques d’une immixtion dans les affaires intérieures du Bénin en même temps qu’ils remettent en cause la crédibilité de la justice béninoise. Au regard des recommandations, on se demande si les experts du Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’Organisation des nations unies (Onu) ont pris le soin de bien appréhender le dossier et d’écouter les différentes parties. Cette inquiétude ne manque pas de pertinence car l’avis des experts de l’organisation internationale donne l’impression que la partie béninoise n’a pas été écoutée. Du coup, on s’interroge sur l’impartialité de cet avis qui déjà fait jubiler les avocats de l’opposante béninoise qui le brandissent comme un trophée de guerre. Cet avis de l’Onu constitue une énième pression sur le Bénin dans ce dossier qui n’a certainement pas fini de faire des vagues.
A.T



















