Depuis quelques jours, préfets et maires ont pris leurs responsabilités pour faire libérer de tous occupants, les artères publiques illégalement prises d’assaut par ces derniers. L’opération n’est pas la première et ne sera peut-être pas la dernière. D’où la nécessité d’envisager des mesures fortes et drastiques contre la pratique qui semble avoir la peau dure.
En dépit des multiples mises en garde, certains compatriotes continuent d’occuper illégalement les espaces publics. Trottoirs, terres pleins centraux et autres sont régulièrement envahis par les populations. La recolonisation de ces espaces publics une fois que le tempête de l’opération de libération passe, est pratiquement devenue la règle dans les grandes villes du Bénin. Le drame, c’est que la pratique porte nuisiblement atteinte à la pérennisation des ouvrages réalisés à grands frais à travers le projet asphaltage et d’autres projets entrant dans le cadre de l’assainissement des grandes villes du Bénin. En effet, en plus de transfigurer positivement les grandes villes et d’offrir un cadre de vie agréable aux populations, ces infrastructures perdent de leur superbe une fois investies par les occupants illégaux. Ce qui annihile les efforts et sacrifices consentis en vue de leur réalisation. Par ailleurs, la pratique créé d’énormes désagréments en ce qui concerne la libre circulation des personnes et des biens et est souvent source d’accidents. Autant de raisons qui postulent en faveur d’une répression sans faille de cette forme d’incivisme auquel certains compatriotes se sont malheureusement accoutumés. Entreprendre des opérations sporadiques de déguerpissement au constat de la recolonisation des espaces publics ne semble pas dissuader outre mesure les citoyens qui s’adonnent à la pratique. Pour de nombreux observateurs, il faudrait que la veille soit permanente et que la pratique soit punie par une loi. En dépit de la bonne volonté des autorités préfectorales et municipales, les actions de libération forcée entreprises de temps à autre, ont malheureusement montré leurs limites. Une fois les caterpillar et autres engins de déguerpissement rangés, la pratique reprend ses droits au nez et à la barbe de ces mêmes autorités. D’aucuns suspectent même ces dernières de prêter le flanc à la pratique parce que mues par des intérêts politiques. De peur d’être la risée des populations ou de subir une raclée électorale, les autorités municipales et communales bercent dans une certaine indifférence, laissant l’Etat central prendre ses responsabilités. Face à cet effarant constat, il faudra envisager des mesures beaucoup plus corsées pour mettre hors d’état de nuire, des compatriotes qui sont passés maîtres dans cette pratique de sabotage des infrastructures publiques. Cela aura le mérite d’éviter le perpétuel recommencement auquel on assiste.
Gabin Goubiyi

















