Les députés de l’Assemblée nationale ont adopté, le lundi 26 octobre 2026, la loi n° 2026-18 portant Code de la route en République du Bénin. Invité de l’émission « Le Décodeur » sur Océan Fm, ce dimanche 1er novembre, le député Louis Dèhoumon Koukpemedji est revenu sur les raisons de cette réforme, les innovations introduites et les objectifs poursuivis par le nouveau texte.
Le Bénin s’apprête à tourner une page importante de sa réglementation routière. Après plusieurs décennies d’application d’un texte datant de l’époque coloniale, les députés ont adopté à l’unanimité un nouveau Code de la route. Reçu par Sosthène Fadaïro dans l’émission « Le Décodeur » de la radio Océan Fm, Louis Dèhoumon Koukpemedji, député à l’Assemblée nationale et membre de la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme, a expliqué les motivations de cette réforme et le processus ayant conduit à son adoption. Pour le député, la nécessité de réviser la réglementation routière s’explique principalement par son ancienneté et les profondes mutations qu’a connues le pays au cours des dernières décennies. « Il faut préciser qu’effectivement, la disposition qui encadrait jusque-là la sécurité sur nos routes est un arrêté général qui date de juillet 1956. Ce n’est même pas une loi, c’est un arrêté. C’est une réglementation qui, puisqu’elle a été héritée de la période coloniale, faisait office de loi jusque-là », a-t-il expliqué. Selon Louis Dèhoumon Koukpemedji, après près de 70 ans d’application, certaines dispositions de cet ancien texte ne correspondent plus aux réalités contemporaines. « En 70 ans, notre pays a connu beaucoup d’évolutions et de mutations. Il y a eu une urbanisation très rapide avec le développement de nouvelles infrastructures routières modernes. Notre parc automobile et motocycliste s’est accru. Le transport interurbain s’est densifié. De nouvelles technologies de transport sont apparues, avec de nouveaux risques pour les usagers de la route », a-t-il souligné. Ces changements rendaient nécessaire, selon lui, une actualisation de la législation afin de mieux répondre aux exigences de la circulation routière et de garantir une meilleure protection des usagers. « Tout ceci nécessitait qu’on fasse une mise à jour de notre législation routière afin de rendre la route plus sûre pour tous les usagers et de protéger leurs vies », a précisé le parlementaire, rappelant que le projet de loi a été initié par le gouvernement avant d’être transmis à l’Assemblée nationale pour examen et adoption.
La loi a connu tout un processus avant son adoption
Au cours de son intervention sur la 88.6 Fm, le député a également détaillé les différentes étapes ayant précédé l’adoption du nouveau Code de la route. Il a notamment évoqué un séminaire d’imprégnation et d’appropriation organisé à Grand-Popo, auquel ont participé le président de l’Assemblée nationale, les députés, des membres du gouvernement et des cadres de l’administration. Cette rencontre a permis aux élus de mieux cerner les enjeux de la réforme avant l’examen approfondi du texte en commission. La Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme a ensuite étudié le projet et procédé à plusieurs amendements. Selon Louis Dèhoumon Koukpemedji, le texte initial, qui comptait sept titres et 121 articles, a ainsi été enrichi. Parmi les modifications apportées figure l’ajout de l’article 11, consacré aux mesures de sauvetage et à la protection des personnes qui portent assistance aux victimes. « Pour une question de cohérence, on a dit qu’il faut quand même que la loi prenne des dispositions pour protéger cette personne de bonne volonté qui va porter assistance aux personnes en difficulté », a-t-il expliqué. D’autres ajustements ont également été opérés afin d’améliorer la lisibilité et la cohérence du document. Après l’examen en commission, le projet a été soumis à la plénière du 26 octobre 2026, au cours de laquelle les députés ont pu formuler leurs observations et propositions avant son adoption. Pour le parlementaire, ce processus illustre le rôle des élus dans l’amélioration des textes législatifs. « C’est ça aussi le travail parlementaire et cela démontre suffisamment que l’Assemblée nationale n’est pas seulement une caisse d’enregistrement, comme certains le pensent souvent », a-t-il affirmé.
La protection des vies humaines comme priorité
Au-delà des nouvelles obligations et du renforcement des sanctions, Louis Dèhoumon Koukpemedji insiste sur la finalité essentielle du nouveau Code de la route au Bénin. A l’entendre, le nouveau texte préserve les vies humaines et sécurise les infrastructures routières réalisées à grands frais. « L’esprit de ce texte, c’est d’abord la protection des vies humaines. L’unique finalité de ce texte, c’est de faire en sorte que désormais nous puissions protéger davantage les vies humaines, les usagers de la route et sécuriser aussi les infrastructures qui sont réalisées à grands frais », a-t-il déclaré. Avec l’adoption de la loi n° 2026-18, le Bénin engage ainsi une nouvelle étape dans l’encadrement de la circulation routière. Il faut préciser que cette nouvelle loi a été transmise au Sénat pour examen et sera ensuite promulguée par le président Romuald Wadagni.
Patrice Zoundé (Coll)

















