Première cause de décès chez les enfants de moins de cinq (05) ans et les femmes enceintes, le paludisme constitue un problème majeur en Afrique en francophone. Mais pour véritablement y faire face, les gouvernants ainsi que toutes les parties prenantes devront se mobiliser pour actionner cinq (05) piliers fondamentaux identifier par le rapport sur le paludisme dans l’espace francophone. Le document a été rendu public dans le cadre du lancement de la 19ème Journée de lutte contre le paludisme. C’était le vendredi 27 avril 2026, à Cotonou.
L’Afrique francophone paie un lourd tribut en matière du taux de mortalité liée au paludisme. En effet, 118 millions de cas de paludisme, soit une hausse de 24% depuis 2015 sont enregistrés en Afrique francophone en 2024. Face à cette situation alarmante, le rapport sur le paludisme dans l’espace francophone intitulé « Un effort collectif contre le paludisme dans l’espace francophone » lancé le vendredi 27 avril 2026, à Cotonou préconise cinq (05) piliers fondamentaux sur lesquels les acteurs de la santé publique, les autorités parlementaires, le secteur privé, les Organisations de la société civile, les partenaires financiers et techniques, les leaders religieux, sans oublier les populations doivent actionner. Il s’agit de promouvoir la souveraineté sanitaire et une mobilisation robuste des ressources domestiques ; promouvoir un financement durable des donateurs grâce à des sources existantes et diversifiées ; promouvoir un engagement plus fort du secteur privé ; promouvoir une accélération de l’innovation et promouvoir une approche sociétale globale de la lutte contre le paludisme.
Porté par le thème : « Mettre fin au paludisme : maintenant c’est possible ; agissons maintenant » le lancement du rapport couplé avec le lancement de la 19ème édition de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme a été le creuset pour Speak up Africa et toutes les parties prenantes d’évaluer une fois l’ampleur de la situation et de rappeler quelques gestes simples mais importants. Pour Dr Kouamé Jean Konan, chef de file des Partenaires techniques et financiers du secteur de la santé au Bénin, le thème de l’édition 2026 de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme est un non seulement un cri d’espoir, mais surtout un appel à l’action. « Maintenant c’est possible parce que nous disposons aujourd’hui d’un arsenal sans précédent : moustiquaire imprégnée à longue durée d’action ; test diagnostic rapide ; traitement efficace et désormais des vaccins antipaludiques ; agissons maintenant parce que chaque jour perdu est une vie perdue. Le paludisme tue plus les enfants et les femmes enceintes. Attendre demain c’est prendre des risques de voir des résistances s’installer et des progrès inversés », a rappelé Dr Kouamé Jean Konan. Il a appelé a agi maintenant car lorsque les investissements diminuent et que les programmes s’affaiblissent, le paludisme ressurgit rapidement, anéantissant les progrès durablement acquis et coûtant des vies.
Quid de l’accompagnement des Ptf ?
Dans son message, Dr Kouamé Jean Konan a réitéré l’accompagnement des Ptf aux côtés du Bénin dans cette lutte contre la malaria. Cela du fait des progrès réalisés par le Bénin. En effet, le pays a augmenté son budget national de lutte contre le paludisme entre 2020 et 2025, le faisant passer de de 1,7 million de dollars américains à 6,7 millions de dollars américains. Cette augmentation a été rendue possible grâce à une stratégie de plaidoyer coordonnée impliquant le gouvernement, la société civile, le Parlement et le secteur privé.
En procédant au lancement de la 19ème édition de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le ministre de Santé a levé le voile sur efforts fournis par le gouvernement pour résultats obtenus (Réduction de 37% des cas de paludisme et de 55% des décès au Bénin), Benjamin Hounkpatin a fait référence à l’extension de la vaccination anti-paludique, la distribution massive de moustiquaires imprégnées, d’insecticide de longue durée sous un nouveau format : la mise en œuvre de la santé communautaire, la création de l’Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques, etc. Cependant, le ministre de la Santé estime que la Journée mondiale de lutte contre le paludisme interpelle tous et appelle à l’action urgente. « Ce thème met en avant la nécessité d’investir davantage et durablement contre le paludisme. La nécessité de saisir toutes les innovations scientifiques disponibles, que ce soit les nouveaux vaccins, les outils innovants de lutte anti-vectorielle. Enfin, ce thème met en avant la nécessaire mobilisation politique », a martelé Benjamin Hounkpatin.
Odi I. Aïtchédji

















