Comme à son habitude à la veille des élections, Candide Azannaï s’illustre depuis quelques temps par une série de révélations et de déballages ainsi que des critiques et attaques contre certains acteurs politiques. Cette posture devenue récurrente chez l’homme n’émeut plus l’opinion qui y voit des signes évidents de déclin d’une carrière politique.
Le président du parti Restaurer l’espoir (Re), Candide Azannaï, a retrouvé subitement un regain activités politiques à quelques encablures des prochaines élections législatives. L’acteur politique connu pour ses positions qui ne font pas souvent l’unanimité, a choisi, comme à son habitude depuis quelques temps, cette période sensible pour s’attirer les regards et se mettre sous les projecteurs. L’homme qui se retrouve pratiquement aux crépuscules de sa carrière politique, tire à boulets rouges sur tout au travers d’un discours incisif et sans retenue. A chacune de ses sorties, le ministre démissionnaire du gouvernement du président Patrice Talon, ne rate plus l’ancien Secrétaire général du parti Restaurer l’espoir, Guy Mitokpè, qui est rentré dans son collimateur depuis qu’il a rompu les amarres avec lui. Le jeune acteur politique est devenu la risée de son ancien mentor visiblement aux abois, qui lui administre fréquemment une volée de bois verts, à chacune de ses sorties politiques. La campagne systématique de dénigrement entreprise contre son ancien fidèle et loyal serviteur, loin d’entamer la côte d’estime de ce dernier, est plutôt perçue comme un aveu de regret de Candide Azannaï qui peine à se remettre de la séparation de Guy Mitokpè. Outre la nouvelle recrue du parti de l’opposition Les démocrates, Candide Azannaï a également dans sa ligne d’attaque, le président du parti Union progressiste Le renouveau Joseph Djogbénou qui essuie également les critiques du président du parti Restaurer l’espoir. Le péché mignon de l’ancien président de la Cour constitutionnelle est d’avoir démissionné courant juillet 2022, de la tête de l’institution au profit de l’Union progressiste le renouveau où il assume les premiers rôles. Azannaï perçoit en cette démission de Djogbénou, des velléités d’être commis pour de sales rôles après avoir « détruit la démocratie béninoise par l’introduction du certificat de conformité en 2019 ». Devant une foule de militants à Abomey-Calavi, le politicien philosophe a confié que le président démissionnaire de la Cour constitutionnelle veut maintenant remplir une autre mission au cours « d’une parodie d’élection », référence faite aux législatives de 2023. Se projetant sur la présidentielle de 2026 pour laquelle Joseph Djogbénou nourrirait des ambitions, Candide Azannaï jure que ce rêve s’il était avéré, ne serait que pure illusion. « Dans quel pays on peut faire élection et Djogbénou sera élu? », s’est interrogé le président de Re qui jure de barrer la voie, par tous les moyens, à ce projet.
Mal inspiré
Les déballages et les nombreuses prises de position de Candide Azannaï sur l’actualité politique nationale, ont fait sous d’autres régimes, sensation au sein de l’opinion. Pendant longtemps, le président du parti Restaurer l’espoir a réussi à s’attirer une certaine sympathie de par sa rhétorique et la perspicacité de ses réflexions. Mais comme le dit l’adage, « autres temps, autre mœurs ». Surfer sur ce même registre pour se faire une notoriété n’est pas une stratégie efficace avec le nouveau régime. Malgré le discours tranché qu’il tient et ses fréquentes diatribes vis-à-vis du pouvoir, Candide Azannaï a du mal à convaincre l’opinion et à rassurer les populations du caractère désintéressé de son combat politique. Beaucoup peinent à appréhender sa neutralité et ont du mal à se convaincre sur sa réelle posture sur l’échiquier. Ils continuent de le prendre pour un espion ou un commis du pouvoir. Pour ces derniers, l’homme serait commis pour une mission de déstabilisation de l’opposition. C’est d’ailleurs ce qui explique le fait qu’il évolue en cavalier solitaire dans sa ligne d’animation de la vie politique. Pour se repositionner, Candide Azannaï ferait mieux de changer de stratégie car les éléments d’animation de la politique ne sont plus les mêmes que ceux d’entre temps.
Des signes annonciateurs d’une fin de carrière
La réforme du système partisan a pris de court nombre d’acteurs politiques qui ont du mal à retrouver leurs repères. Candide Azannaï apparait comme l’une des victimes qui subissent à leur corps défendant, les nouvelles réalités de la donne politique, quoiqu’il tente de se démarquer à travers son discours. A la vérité, l’acteur politique semble coincé pour avoir échoué à fédérer l’opposition pour qui il n’est pas un partenaire de confiance parce que taxé d’accointance avec le pouvoir. Son parti qu’il ne veut engager dans aucune élection sous le fallacieux prétexte d’une dictature du pouvoir, ne rassure pas une mouche de son ancrage réel sur le territoire national. Réduit à sa plus simple expression, Candide Azannaï a décidé de s’engouffrer dans la résistance, un courant idéologique qui ne s’inscrit dans aucune sphère sur l’échiquier. Dans un environnement politique où la volonté de renouvellement du personnel politique est patente, Candide Azannaï doit comprendre que sa fin n’est plus loin.
Abdourhamane Touré



















