Les six Communes du département du Couffo se sont réunies mercredi 15 juillet 2026 à la Maison des jeunes de Toviklin pour un échange direct avec l’Exécutif sur les mesures sociales. Loin des bureaux de Cotonou, les responsables gouvernementaux se sont déplacés pour expliquer, en détail, le sens et la mise en œuvre des réformes annoncées.
Dès les premières heures, la cour et les abords de la Maison des jeunes affichent une affluence inhabituelle. Les véhicules se garent en file, le long de la voie poussiéreuse de la saison. Venues de Klouékanmè, d’Azovè, de Lalo, de Djakotomey, de Dogbo et de Toviklin, les maires du Couffo ont répondu à l’invitation du préfet Rufino d’Almeida. Dans la salle, les bancs se remplissent : artisans, commerçantes, enseignants, jeunes, tous venus chercher des réponses concrètes.
Redescendre sur le terrain
Au-delà d’une simple séance d’information, la rencontre s’inscrit dans une logique de gouvernement rendue visible. Le président Romuald Wadagni et son équipe ont fait le choix de ne pas limiter la communication aux seuls communiqués et conférences de presse. L’exécutif veut « descendre là où vivent les mesures », en expliquant comment les dispositifs peuvent être compris et surtout accessibles. Le ministre a déroulé les annonces avec des exemples et des explications destinées à traduire les réformes en situations de la vie quotidienne : démarches à accomplir pour bénéficier des services d’urgence sans craindre la caution, conditions d’accès aux raccordements, changements attendus pour les familles et l’école. L’objectif affiché : rendre la politique lisible et opérationnelle.
La parole, en retour, revient au public
Le moment le plus attendu survient ensuite : la salle prend la parole. Et les questions, parfois insistantes, ne laissent pas l’exécutif à l’abri des critiques. Un artisan demande une baisse du taux de dédouanement et déplore les obstacles liés aux garanties bancaires. Un autre s’inquiète de possibles inégalités dans la prise en charge des urgences vitales selon les territoires. Plusieurs dénoncent des pratiques persistantes de rançonnement sur les routes, dans un contexte où le carburant continue de renchérir. Une mère de famille regrette, elle, la réduction de la durée des vacances, privant les jeunes des petits emplois saisonniers qui facilitent la préparation de la rentrée. D’autres enfin estiment que la chefferie traditionnelle reste trop souvent en marge des décisions qui concernent le département.
Répondre, sans esquiver
Selon les organisateurs, aucune de ces préoccupations n’a été laissée sans suite. À chaque demande, des explications ont été apportées, en s’appuyant sur les mesures déjà engagées. L’enjeu, présenté comme une différence de méthode, tient à une logique de redevabilité plutôt qu’à une simple communication : accepter la contradiction, et donc accepter que la population questionne.
Construire la confiance, en assumant la critique
En acceptant de se confronter publiquement aux attentes et aux griefs, le gouvernement du président Wadagni inscrit la redevabilité comme principe de fonctionnement. Il ne s’agit pas, selon cette approche, d’une concession destinée à calmer les tensions, mais d’un mode normal de gouvernance : l’État doit répondre de ses actions, et la population doit pouvoir demander des comptes. À Toviklin, ce mercredi, la démocratie béninoise a pris la forme d’un échange sans intermédiaire ni protocole inutile. Et le Couffo, souvent tenu à l’écart des grands récits nationaux, a rappelé qu’il savait aussi et surtout tenir son rôle dans le dialogue.
Abdourhamane Touré



















