Quelques heures après la publication d’un communiqué relatif à la mise en vigueur à compter du 1er janvier 2026 du décret n°2025-508 du 03 septembre 2025 portant règlementation dans l’agglomération du Grand Nokoué, de la circulation des véhicules lourds de transport, le ministre du Cadre de vie et des transports, José Tonato et le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji ont effectué une sortie médiatique. Face aux hommes des médias, ils ont expliqué les tenants et les aboutissants de cette mesure.
On en sait désormais un peu plus sur les réelles motivations qui sous-tendent la prise du décret n°2025-508 du 03 septembre 2025 portant règlementation dans l’agglomération du Grand Nokoué, de la circulation des véhicules lourds de transport par le gouvernement. Il s’agit principalement de la sécurité et de la protection des personnes et des infrastructures érigées à coût de milliards de francs Cfa. En effet, depuis bientôt dix ans, d’importants investissements massifs ont été faits dans le domaine des infrastructures urbaines, voiries et assainissements, dans la construction des infrastructures, dans le développement de l’agglomération du Grand Nokoué qui s’étend de Porto-Novo à Ouidah, et puis de la structuration du pôle du Grand Nokoué avec l’implantation d’un certain nombre d’équipements comme le pôle agroalimentaire ou le marché de gros et la cité administrative d’Abomey-Calavi. Selon José Tonato, ministre du Cadre de vie et des transports en charge du développement durable, malgré les grands investissements, la circulation des gros porteurs n’est pas adaptée au milieu urbain, aux infrastructures urbaines. « Vous avez une forme de circulation et de stationnement presque anarchique sur les trottoirs. Le communiqué a observé effectivement que globalement, dans le Grand Nokoué, on note une dégradation accélérée des infrastructures routières, équipements de sécurité, de signalisation, des feux tricolores et autres. L’affaissement des dallettes du caniveau et des trottoirs dus au stationnement inadapté entraîne des coûts de réparation élevés et l’implication fréquente dans les accidents de circulation», a déploré le ministre. A l’en croire, la mise à disposition par le gouvernement d’espaces au profit de promoteurs qui pourraient s’intéresser à la mise en place d’entrepôts dans la zone logistique définie autour du marché de Gros et le décret qui réglemente à partir de janvier 2026 la circulation des gros porteurs dans les villes du Grand Nokoué avec la définition des axes et horaires de circulation sont complémentaires. Selon les explications, dans les villes organisées, les camions poids lourds circulent sur les voies primaires et secondaires, pas sur les voies de desserte. Ces camions amènent la marchandise jusqu’à des points de rupture de charges et à l’aide des camionnettes plus légères et des véhicules plus légers, on fait le rapprochement des marchandises entre ces camions gros porteurs et les différents entrepôts. « Les camions gros porteurs s’arrêteront à la périphérie, débarqueront au pôle logistique, et les camionnettes rapprocheront la marchandise vers les magasins, les boutiques, les centres commerciaux et autres. C’est pour ça que la décision de réglementer la circulation des gros porteurs, pour protéger les investissements massifs est accompagnée par une mesure incitative de permettre aux opérateurs privés de pouvoir construire des entrepôts et de favoriser cette activité à l’échelle de l’agglomération du grand Nokoué », a clarifié le porte-parole du gouvernement. Il n’a pas manqué de préciser que cette mesure vise, in fine, à assurer la protection des populations et des infrastructures construites à coût de centaines de milliards de francs Cfa Il ne faudrait pas que cela soit interprété comme l’interdiction des magasins et des entrepôts à l’intérieur de la ville.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)



















