Pour leur toute première participation à une Coupe du monde U20, les Amazones du Bénin ont achevé leur parcours en Pologne avec un bilan d’un match nul et deux défaites. Face aux cadors du football mondial, Abdoulaye Ouzérou et ses pouliches quittent la compétition la tête haute, armée de certitudes et de leçons précieuses pour bâtir l’avenir du football féminin béninois.
L’entrée en lice du Bénin dans cette Coupe du monde féminine U20 en Pologne restera marquée par un exploit inaugural. Opposées au Mexique le 5 septembre dernier, Abdoulaye Ouzérou et ses filles ont affiché un mental d’acier. Menées 2-0, les Amazones sont revenues à la hauteur de leur adversaire (2-2) grâce à un doublé de l’attaquante Romaine Gandonou, décrochant le tout premier point de l’histoire du Bénin dans un tournoi mondial féminin (2-2). Ce résultat positif contrastait avec les sorties manquées des autres représentants africains, faisant du Bénin la seule nation du continent à éviter la défaite lors de la première journée.
Une suite pleine d’enseignements
La suite de la phase de poules s’est avérée nettement plus exigeante pour le camp béninois. Le 8 septembre, face à une équipe d’Argentine en quête de rachat, les Amazones ont subi la loi du très haut niveau mondial. Punies par le réalisme froid de l’Albiceleste et coupables de manques d’efficacité dans la zone de vérité, les Béninoises se sont inclinées lourdement (8-0). Ce revers a relégué le Bénin à la dernière place du groupe A, rendant cruciale l’ultime confrontation face au pays hôte. Vendredi 11 septembre 2026 à Bielsko-Biała, la marche était de nouveau trop haute face à la Pologne. Malgré un superbe coup franc direct inscrit par Romaine Gandonou en fin de rencontre, les Amazones ont concédé une défaite 4-1 devant le public polonais, scellant la fin de leur parcours.
Le Bénin tire des leçons du haut niveau
Au terme du parcours, Abdoulaye Ouzérou a posé un diagnostic lucide sur la rencontre face à la Pologne et l’écart séparant son groupe du sommet international. « Il faut être honnête, il faut reconnaître sa place. Le niveau est très élevé. On a joué contre des adversaires plus forts que nous, c’est tout, il ne faut pas se voiler la face », a déclaré le technicien béninois. Le sélectionneur a tenu à rappeler le chemin parcouru ces dernières années : « Il y a cinq ans, on n’existait pas. Donc maintenant, il faut apprendre. On a déjà surperformé en se qualifiant pour la Coupe du Monde ». Dans les rangs des joueuses, cette première immersion internationale laisse une empreinte durable. L’attaquante Germaine Honfo retient l’immense gain d’expérience accumulé tout au long de la compétition. « Je suis très contente de vivre cette expérience parce que j’ai connu le haut niveau, et je ne me mets pas de limites. On va regarder en arrière, apprendre de nos erreurs et puis revenir plus fortes », a souligné l’Amazone. Les Amazones quittent la Pologne avec la certitude que les fondations du football féminin béninois sont désormais posées.
Karol B. Sékou (Coll)




















