Les messages d’apaisement et de remobilisation se multiplient à l’Union progressiste l’Up Le renouveau et au Bloc républicain (Br). Les listes de candidatures publiées par les deux formations politiques font en effet, l’objet de quelques grognes dans le rang des militants qui menacent de boycotter la campagne électorale en vue.
Ils sont nombreux, les militants des partis Union progressiste l’Up Le renouveau et du Bloc républicain (Br) à ne pas digérer les listes de candidatures proposées par ces deux formations politiques dans le cadre des élections législatives du 8 janvier 2023. Les grognes se font persistantes au niveau des deux partis politiques de la majorité présidentielle. La pilule semble amère chez certains militants qui faisaient de leur rêve de parlementaire, une question de vie ou de mort. Si le mécontentement est moins prononcé au niveau de certaines circonscriptions électorales, ce n’est pas le cas dans d’autres, où le désenchantement est total chez certains qui ont vu brisé leur rêve de se voir investir député en février prochain. Pour eux, ceux qui ont été choisis, sont moins méritants, inconnus au bataillon ou rejetés par la base. Ils sont taxés d’ouvriers de la vingt-cinquième heure pour être venus moissonner là où ils n’ont pas semé. « On verra bien ce qu’ils pourront faire sans nous », maugréent certains militants visiblement décidés à prendre leur revanche suite au revers qu’ils disent avoir subi. « Moi, je ferai tout pour que les adversaires gagnent », menace A.P, leader Up Le renouveau de la 5ème circonscription électorale qui était quasiment certain jusqu’aux ultimes instants, de figurer sur la short-list des porte-flambeaux du parti pour le compte des joutes électorales du 8 janvier prochain. « Ça fait mal », confesse, un brin dépité, C.A, militant du Bloc républicain (Br) de la 6ème circonscription électorale dont le nom a été sucré de la liste de candidatures à la dernière minute. Froissé dans son amour-propre, il dit regretter son choix d’avoir adhéré au parti du cheval blanc cabré et d’y avoir exposé une partie de sa fortune. Ces cas qui sont loin d’’être exhaustifs, traduisent l’état d’esprit d’une frange importante de militants des partis Union progressiste (l’Up) Le renouveau et du Bloc républicain (Br), suite à la publication des listes de candidatures déposées à la Commission électorale nationale autonome (Céna), le mercredi 2 novembre 2022. C’est dire à quel degré certains militants ou acteurs politiques, candidats à la candidature des partis, ont porté leurs ambitions. Face à ces bruits de bottes qui courent dans leur rang, les leaders des deux grandes formations politiques de la mouvance présidentielle qui par ailleurs, se sont taillées la plus grosse part du mercato, tentent à leur corps défendant, de jouer à l’apaisement.
Apaiser les militants « fâchés »
Eteindre le feu suscité par les mécontentements consécutifs aux positionnements est désormais, la mission que se sont assignés les dirigeants de l’Union progressiste Le renouveau et du Bloc républicain. Déjà, à l’occasion du dépôt des dossiers à la Commission électorale nationale autonome (Céna), des messages d’apaisement et de tolérance sont adressés aux militants. La situation est en effet connue des responsables au haut niveau des partis même si certains, comme Orden Alladatin de l’Union progressiste Le renouveau semblent la banaliser. « Nous savions que ça (ndlr la confection des listes de candidatures) ferait quelques frustrations comme tout positionnement mais nous vous avons dit que les militants de l’Union progressiste Le renouveau sont des soldats en mission. Nous nous sommes préparés, nous avons une organisation, nous avons des comités de sélection, nous avons une hiérarchie, le parti a parlé et nous travaillerons à confirmer notre place de leader. Il n’y aura pas de problème. Travaillons davantage et ce sera le tour de chacun demain. ». Le Secrétaire général national du Bloc républicain n’affiche pas la même sérénité. Tout en reconnaissant la légitimité des frustrations engendrées par les positionnements, Abdoulaye Bio Tchané, s’est fendu d’un ton assez conciliant pour appeler les militants à la compréhension et au sens de militantisme. « Je peux comprendre que de nombreux camarades qui estiment être en capacité de représenter le Bloc républicain sur cette liste-là, n’aient pas été pris. Et je veux donc leur demander solennellement de se mettre tous derrière cette liste et de soutenir tous les candidats partout au Bénin, de Karimama à Porto-Novo, de Kétou à Grand -Popo, dans le Zou, dans les Collines. Partout, nous souhaitons que les camarades sortent conformément à notre organisation pour soutenir cette liste que nous espérons victorieuse. ». Son alter ego de l’Union progressiste Le renouveau, Joseph Djogbénou va, pour sa part, se lancer dans un exercice de justification des choix des candidats du parti aux fins de calmer les mécontents. Une démarche diversement appréciée au sein du parti. Va-t-elle changer quelque chose à la situation ? Wait and see.
Un double défi
Les deux grands partis de la majorité présidentielle se retrouvent désormais entre deux feux. En plus de conquérir d’autres militants à leur cause, le parti devra courir après ses militants fâchés à la suite des positionnements, lesquels menacent d’ailleurs de claquer la porte. C’est carrément une situation inconfortable pour les deux partis, désormais contraints à sortir le grand jeu pour calmer la tension.
Gabin Goubiyi



















