À quelques semaines de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, le parti d’opposition Les démocrates traverse une zone de fortes turbulences. Fragilisé par la démission de son leader charismatique, l’ancien président Boni Yayi, le mouvement se retrouve confronté à un choix stratégique majeur : soutenir l’un des duos en lice ou appeler au boycott du scrutin.
Le parti Les démocrates se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire politique. La question de l’attitude à adopter face à la prochaine élection présidentielle continue de susciter d’intenses débats au sein de cette formation politique, désormais privée de la figure fédératrice de son leader historique, l’ancien président Boni Yayi. Quelle posture le principal parti de l’opposition béninoise adoptera-t-il à l’approche du scrutin présidentiel d’avril prochain ? La question alimente les discussions et nourrit les divergences entre militants et responsables du parti. Depuis la démission de Boni Yayi et de son fils Chabi, le débat a repris avec plus d’acuité. Écarté de la compétition après la disqualification de son duo de candidature, le parti Les Démocrates se voit contraint de repenser sa stratégie dans un scrutin qui marquera la fin du mandat du président Patrice Talon et ouvrira une nouvelle séquence politique au Bénin. Face à cette situation, deux principales options s’offrent à la formation politique. La première consiste à apporter son soutien à l’un des deux duos encore en lice : celui formé par Wadagni et Talata, ou celui porté par Hounkpè et Hounwanou. La seconde option serait d’opter pour le boycott du scrutin, en appelant les militants et sympathisants à ne pas se rendre aux urnes.
Divergences internes
Au sein du parti, ces différentes hypothèses alimentent des clivages notables. Certains responsables plaident pour un rapprochement avec la mouvance présidentielle en soutenant le duo Wadagni-Talata, considéré par plusieurs observateurs comme bénéficiant d’une dynamique favorable. Pour les partisans de cette ligne, un tel ralliement pourrait permettre au parti de préserver une certaine influence dans le paysage politique à venir, notamment en facilitant l’accès de ses cadres à certaines instances décisionnelles au cours du prochain septennat. D’autres voix, en revanche, défendent l’option d’un soutien au duo Hounkpè-Hounwanou. À leurs yeux, cette posture serait plus conforme à la ligne politique adoptée par le parti depuis plusieurs années face au régime de Patrice Talon. Elle constituerait également une manière de renforcer les chances d’un candidat se réclamant de l’opposition modérée, tout en restant fidèle à l’identité politique du parti. Les promoteurs de cette orientation estiment qu’un appel clair des Démocrates en faveur de ce duo pourrait contribuer à rebattre les cartes du scrutin et, éventuellement, ouvrir la voie à une alternance au sommet de l’État.
Une rencontre décisive attendue ce vendredi
Dans ce contexte de fortes interrogations, une réunion importante du parti est annoncée pour ce vendredi 6 mars 2026. Sauf imprévu majeur, les responsables et membres de la formation politique devraient s’y retrouver pour examiner plusieurs dossiers sensibles. Au cœur des discussions, figurera notamment le rapport d’une commission interne mise en place pour proposer de nouvelles orientations stratégiques, à la suite de l’échec du parti aux élections législatives du 11 janvier 2026. Initialement programmée avant l’annonce de la démission de Boni Yayi et de son fils Chabi, cette rencontre revêt désormais un caractère hautement symbolique. Elle est perçue par de nombreux militants comme une réunion décisive, susceptible de clarifier l’avenir politique du parti. À l’issue de ces assises, Les Démocrates devraient en principe définir une ligne directrice claire, tant sur leur repositionnement dans le paysage politique national que sur la posture à adopter à l’occasion de l’élection présidentielle du 12 avril prochain.
Gabin Goubiyi




















