Invité de la semaine du magazine « Grand format » de Canal 3 Bénin le dimanche 1er mars 2026, le contrôleur général de police à la retraite Mouftaou Prince Aledji a passé au crible les enjeux sécuritaires de la prochaine élection présidentielle. L’ancien commissaire central de Porto-Novo appelle à la vigilance, au renforcement du renseignement et à une police davantage tournée vers la proximité avec les citoyens.
À l’approche de la présidentielle, Mouftaou Prince Aledji, ancien fonctionnaire des Nations Unies et observateur de la vie politique nationale, estime que « toutes les étapes d’un processus électoral sont sensibles ». De la campagne à la proclamation des résultats, en passant par le vote et l’investiture, chaque séquence exige, selon lui, une planification rigoureuse. Il insiste d’abord sur la nécessité de filtrer les discours durant la campagne afin de prévenir toute incitation à la haine, à l’exclusion ou à la violence. La formation du personnel, les briefings et débriefings, ainsi que la sécurisation des centres et bureaux de vote doivent être renforcés. L’acheminement du matériel électoral sensible, la protection des institutions et des personnalités, sans oublier la sécurisation des résultats jusqu’aux centres de compilation, constituent autant de maillons critiques. Autre front désormais incontournable : le numérique. Pour l’invité du journaliste Idrissou Boukari, les réseaux sociaux représentent un « nouveau champ d’insécurité » marqué par la désinformation stratégique et les manipulations de données. Sans céder à la panique, il appelle à une vigilance accrue face aux rumeurs susceptibles d’envenimer le climat postélectoral.
Renseignement, police communautaire et vigilance sur le terrain
Fort de son expérience nationale et internationale, Mouftaou Prince Aledji plaide pour une approche équilibrée. Pour lui, les Forces de défense et de sécurité ne doivent pas être perçues comme un instrument de répression, mais comme des partenaires de la population. Il met en avant la police communautaire et le maillage territorial comme leviers pour « co-produire la sécurité ».Il insiste également sur le renforcement du renseignement, qu’il qualifie de « clé de toute action efficace ». Selon lui, disposer d’informations fiables permet d’anticiper plutôt que de subir. Cela suppose de motiver les agents, d’améliorer la qualité des contrôles sur le terrain et de bannir tout laisser-aller, notamment l’usage inapproprié du téléphone en service. Sur le plan régional, il salue la mutualisation des efforts avec les pays voisins, indispensable face aux menaces transfrontalières. La coopération sous-régionale, notamment dans les zones frontalières, demeure à ses yeux un atout majeur. Évaluant le niveau de risque sécuritaire en dessous de la moyenne sur une échelle de 1 à 10, il se veut rassurant, tout en appelant à un engagement sans faille des forces en présence. Son message aux citoyens est clair : rester sereins, éviter les certitudes hâtives et privilégier l’intérêt général. « Demain sera un autre jour », conclut-il, exhortant acteurs politiques, forces de sécurité et population à faire preuve de responsabilité pour garantir une élection apaisée.
Qui de la lutte contre le terrorisme ?
L’invité de Idrissou Boukari en outre abordé la question liée aux attaques terroristes dont font l’objet certaines régions de la partie septentrionale du pays. Sur le sujet, il a salué les efforts que déploient le Haut commandement militaire ainsi que les Forces de défense et de sécurité déployées sur le théâtre des opérations et qui apportent la riposte idoines aux attaques de l’ennemi. Il a cependant relevé que « Nous aurions eu beaucoup de succès au regard des grands moyens dont nous disposons aujourd’hui avec un bon maillage territorial, la bonne cartographie du théâtre et de la politique soutenue du Gvt pour faire de ces zones frontalières, de véritables espaces de développement. » Pour le contrôleur général de Police à la retraite, les ordres opérationnels ou Fragos sont clairs mais certains hommes chargés de les mettre en application s’exposent au danger par l’inobservation des directives. Toute chose qui,selon lui, mérite d’être corrigée. À l’en croire, lesdits personnels font preuve de légèreté, d’inobservation des directives et des consignes. Par ailleurs, l’invité du journaliste Idrissou Boukari a salué le rôle stratégique que jouent au grand bonheur de tous les États majors des Forces de défense et de sécurité et celui de notre diplomatie pour une meilleure mutualisation des moyens au niveau sous-regional.
Gabin Goubiyi


















