(Le dépôt des propositions démarre ce jeudi)
Le gouvernement béninois entend accélérer la modernisation de l’administration publique en encourageant les citoyens et les acteurs du secteur public et privé à proposer des solutions concrètes aux difficultés administratives. Dans cette perspective, le ministre délégué chargé du Budget et de la fonction publique, Rodrigue Tchaou, et le ministre, porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, ont animé, le mercredi 28 octobre 2026, une conférence de presse consacrée au lancement du « Prix national de la simplification administrative ». Ils ont également reprécisé l’objectif, les conditions de participation et les principes qui régissent ce prix.
Cette initiative vise à recueillir des propositions susceptibles de rendre les procédures administratives plus simples, plus rapides et plus accessibles aux usagers. Elle s’inscrit dans la dynamique de modernisation de l’État et prolonge les efforts engagés dans le cadre de la co-construction du Plan d’action national du Partenariat pour un gouvernement ouvert (Pgo). Elle contribue également à la mise en œuvre du principe « dites-le-nous une fois » et à l’objectif de dématérialisation de 100 % des démarches administratives à l’horizon 2030. Pour le ministre Rodrigue Tchaou, cette réforme découle d’une volonté du chef de l’État, Romuald Wadagni, exprimé notamment dans son projet de société lors de la dernière campagne présidentielle. « C’est une idée personnelle du chef de l’État », a-t-il expliqué, rappelant que le projet présidentiel prévoit une réforme devant conduire à un véritable choc de simplification des procédures administratives. Selon lui, cette démarche s’inscrit dans une nouvelle approche de la gouvernance, fondée sur la participation des citoyens à l’élaboration des décisions publiques. L’objectif est de favoriser le dialogue entre l’État et les populations afin de concevoir des solutions mieux adaptées aux difficultés rencontrées sur le terrain. De son côté, le ministre, porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a insisté sur la nécessité de rendre l’administration toujours plus efficace, notamment grâce aux opportunités offertes par le numérique. Il a souligné que certaines difficultés rencontrées par les usagers échappent parfois à l’attention des responsables administratifs. Le Prix entend ainsi donner la parole aux citoyens, aux entreprises et aux agents publics qui vivent quotidiennement ces réalités.
« Les citoyens, les usagers, et même les agents de l’État, ceux qui appliquent les process au quotidien, peuvent relever des faiblesses et proposer des solutions. Donc nous allons co-construire une administration performante », a-t-il déclaré.
Qui peut participer et comment candidater ?
Présentant les conditions de participation, Valentin Sokpin, président du comité technique, a précisé que le concours est ouvert à tous. « Toute personne majeure peut participer, sans condition de nationalité ni de résidence. Les Béninois de la diaspora sont également concernés », a-t-il confié. Selon les explications de Valentin Sokpin, il s’adresse notamment aux agents de l’administration publique, aux citoyens, aux entreprises, aux associations, aux organisations de la société civile ainsi qu’aux cabinets d’expertise et de recherche. A l’en croire, la participation repose sur une démarche simple : décrire une procédure administrative jugée trop complexe, exposer les difficultés rencontrées et proposer une solution concrète et réaliste. Les candidatures doivent être soumises sur la plateforme officielle du Prix : https://prix-simplification.gouv.bj. Selon les informations communiquées par le comité technique, la plateforme est accessible depuis le 15 octobre 2026, tandis que la période de dépôt des propositions est prévue du 29 octobre au 12 novembre 2026. Le règlement complet, qui précise notamment les conditions de participation, les critères d’éligibilité et d’évaluation ainsi que les différentes étapes de sélection, est disponible sur la plateforme. Les propositions soumises devront respecter les textes en vigueur.
Quatorze secteurs concernés et 40 millions de FCfa à gagner
Le concours couvre quatorze secteurs d’intervention de l’État, allant de l’état civil à la santé, en passant par le foncier, les transports, la fiscalité et l’éducation. Les participants pourront soumettre une proposition par secteur. Au total, une enveloppe de 40 millions de francs Cfa est prévue pour récompenser les meilleures idées. Le dispositif prévoit quatre prix de 5 millions de FCfa chacun, destinés respectivement à un agent public, à un citoyen, à une entreprise ou organisation et à une initiative d’innovation numérique. Un grand prix de 20 millions de FCfa viendra compléter le dispositif. Les organisateurs mettent en avant un processus de sélection fondé sur des critères publics et une évaluation anonyme. Le jury réunira des représentants de l’administration, du secteur privé et de la société civile. Au-delà des récompenses financières, les lauréats bénéficieront d’une reconnaissance institutionnelle, d’un trophée ou d’un certificat officiel, ainsi que d’un accompagnement pour la mise en œuvre de leurs solutions, conformément aux dispositions du règlement du prix. Pour les initiateurs du Prix, l’enjeu ne se limite pas à récompenser les meilleures contributions. Toutes les propositions jugées recevables pourront alimenter un vivier national de solutions destiné à améliorer le fonctionnement de l’administration publique.
Patrice Zoundé (Coll)


















