La Conférence internationale sur la nutrition et la table ronde de financement organisées par le Bénin le 27 septembre 2025 à Cotonou ont été marquées à l’issue des travaux par une Déclaration sur la promotion de la nutrition en Afrique. Lue par le directeur général de l’Agence nationale pour la nutrition (Anan), Alain Hinkati, le document retrace entre autres, l’engagement commun des participants à soutenir les pays dans la mise en œuvre des interventions de supplémentation nutritionnelle des 1000 premiers jours des enfants, à contribuer activement à l’agenda 2063 de l’Union africaine, « The Africa we want », à promouvoir des communautés résilientes et un appel final à l’ensemble des pays africains et leurs partenaires à transformer les engagements en actions concrètes et mesurables, pour faire de la nutrition le socle du bien-être, de l’équité et de la prospérité des générations présentes et futures. Ci-dessous, l’intégralité de la Déclaration.
Conférence internationale sur la nutrition et la table ronde de financement de la nutrition
Déclaration de Cotonou sur la promotion de la nutrition en Afrique
Cotonou, le 27 septembre 2025
Messieurs les Ministres d’Etat, Mesdames et Messieurs les Ministres, distingués participants,
Le Bénin salue avec considération la tenue de cette Conférence internationale, qui reflète notre engagement commun à ériger la nutrition en priorité dans les pays. Elle a été un espace de réflexion, de dialogue et de partage d’expériences sur les politiques publiques nutritionnelles en Afrique et dans le monde. Dans un contexte mondial marqué par des interdépendances nutritionnelles croissantes, influençant profondément les équilibres géopolitiques et les dynamiques de développement, il est plus que jamais essentiel que notre continent affirme sa voix, définisse ses normes et défende ses priorités. En capitalisant sur les conclusions de cette rencontre, »
Nous, participants à la Conférence internationale sur la nutrition tenue à Cotonou le 27 septembre 2025, réunissant experts, décideurs publics, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile, organisations non gouvernementales, secteur privé, leaders communautaires et institutions académiques,
Préoccupés par la persistance inacceptable de toutes les formes de malnutrition en Afrique, qui touche encore plus de 64,8 millions d’enfants africains et plus d’un million d’enfants béninois de moins de cinq ans, compromettant ainsi leur croissance, leur développement cognitif et leur avenir,
Alarmés par l’impact économique et humain de la malnutrition, qui contribue à maintenir l’indice de capital humain de l’Afrique subsaharienne et du Bénin autour de 0,40, signifiant qu’un enfant né aujourd’hui n’atteindra que 40 % de son potentiel de productivité à l’âge adulte,
Conscients que la nutrition, accompagnée d’une stimulation psychosociale adéquate, est un levier essentiel pour améliorer la réussite scolaire, la productivité économique et la résilience des communautés,
Reconnaissant que la nutrition est un droit fondamental de chaque enfant et une condition indispensable pour le développement durable,
Saluant le leadership exemplaire du gouvernement du Bénin, qui a placé la lutte contre la malnutrition au cœur de sa Vision « Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeurs » pour une transformation économique et sociale inclusive, notamment à travers le Projet de supplémentation nutritionnelle des 1000 premiers jours et l’approche innovante « 1000 jours + »,
Constatant l’émergence d’un double fardeau nutritionnel -persistance de la dénutrition infantile et progression rapide de l’obésité et des maladies non transmissibles chez les adultes – qui appelle des réponses intégrées et adaptées,
Nous déclarons solennellement ce qui suit :
- La nutrition est un impératif de justice sociale, de santé publique et de prospérité économique.
Nous affirmons que chaque enfant, chaque femme et chaque homme a droit à une alimentation adéquate, diversifiée, sûre et accessible, tout au long du cycle de la vie. - L’investissement dans la nutrition est un investissement dans l’avenir.
Nous appelons les gouvernements africains, les collectivités locales, le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers à faire de la nutrition une priorité nationale et régionale, à travers des politiques intégrées et des financements pérennes. - L’action doit être multisectorielle et coordonnée.
Nous exhortons à renforcer la convergence des efforts entre les secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de la protection sociale, de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène pour offrir un paquet complet d’interventions à haut impact, incluant notamment :
- l’allaitement maternel exclusif,
- la production et la consommation locales d’aliments diversifiés et fortifiés,
- la supplémentation nutritionnelle ciblée,
- l’élargissement à l’échelle nationale des programmes d’alimentation scolaire.
- La mobilisation de toutes les parties prenantes est indispensable.
Nous encourageons :
- le renforcement du leadership des autorités locales (Préfets, Maires, chefs traditionnels et communautaires) pour garantir un engagement de proximité ;
- la participation active de la jeunesse, en tant que moteur d’innovation et d’engagement citoyen ;
- l’investissement accru du secteur privé, notamment dans la production et la transformation locales, la recherche et l’innovation nutritionnelle.
- Les 1000 premiers jours de vie sont une fenêtre d’opportunité pour la nutrition.
Nous appelons à un engagement immédiat et durable en faveur de la nutrition maternelle et infantile, afin de protéger le développement de plusieurs générations.
Notre engagement commun
En adoptant la Déclaration de Cotonou sur la promotion de la nutrition en Afrique, nous nous engageons collectivement à :
- Soutenir les pays dans la mise en œuvre des interventions de supplémentation nutritionnelle des 1000 premiers jours des enfants, en garantissant des ressources financières durables et une mise en œuvre efficace ;
- Contribuer activement à l’Agenda 2063 de l’Union Africaine – « The Africa We Want », visant à éradiquer la faim et toutes les formes de malnutrition d’ici 2063, en réduisant notamment le retard de croissance des enfants de moins de cinq ans à 10 % et l’insuffisance pondérale à 5 % ;
- Promouvoir des communautés résilientes, capables d’assurer à chaque enfant un accès durable à une alimentation saine, à l’eau potable, à l’assainissement et aux soins essentiels.
Appel final
A Cotonou, nous appelons l’ensemble des pays africains et leurs partenaires à transformer les engagements en actions concrètes et mesurables, pour faire de la nutrition le socle du bien-être, de l’équité et de la prospérité des générations présentes et futures.
Ensemble, engageons-nous dès aujourd’hui pour une Afrique sans faim ni malnutrition

















