Face aux dérives persistantes sur le marché de la location immobilière, le gouvernement béninois tape du poing sur la table. Interpellé lors d’un direct sur les canaux digitaux officiels, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a invité les locataires à rompre le silence et à dénoncer systématiquement les bailleurs hors-la-loi auprès des commissariats.
Trouver un logement à Cotonou et ses environs relève de plus en plus du parcours du combattant. Entre la flambée des prix et l’imagination débordante de certains propriétaires pour contourner les textes, les citoyens étouffent. Pourtant, le cadre juridique existe, la loi du 20 décembre 2022 portant régime juridique du bail à usage d’habitation fixe fermement le montant du cautionnement à un maximum de trois mois de loyer. Une règle foulée aux pieds par de nombreux bailleurs qui continuent d’exiger des avances astronomiques, souvent déguisées en avances sur factures d’eau et d’électricité ou en frais de courtage excessifs.
Face à ce constat, le message de l’exécutif est désormais sans équivoque, la passivité doit changer de camp. « Si vous voulez prendre un bâtiment en bail chez quelqu’un qui vous fait le contraire, vous dénoncez cette personne au commissariat. Il y a eu des cas et des gens ont été condamnés », a martelé le porte-parole du gouvernement. Pour l’autorité publique, l’application effective de la loi ne pourra se faire sans un sursaut civique des victimes. « L’État ne cherche pas à louer… Ceux qui le font essayent d’abuser des citoyens. Il appartient donc aux citoyens de remonter l’information et de se plaindre », a-t-il insisté.
Pas de plafonnement des loyers à l’ordre du jour
Si le gouvernement se montre intraitable sur les conditions d’accès aux logements et le respect de la caution légale, il refuse néanmoins d’intervenir sur le coût même des loyers. Interrogé sur la cherté de l’immobilier dans la capitale économique, l’ancien journaliste a coupé court aux attentes d’un gel des prix : « Le débat n’est pas aujourd’hui de contrôler ou de plafonner les loyers. Nous n’en sommes pas là. ».
En revanche, le combat se concentre sur l’assainissement des pratiques et le respect absolu des textes votés. Pour le porte-parole, chaque signalement est une pierre posée pour moraliser le secteur : « C’est en faisant cela que, collectivement, nous allons contribuer à corriger nos pratiques. À partir du moment où l’État a pris une loi, il nous appartient maintenant à chacun de nous de la faire respecter. »Le message est passé. Désormais, le bras de fer entre bailleurs indélicats et locataires ne se jouera plus dans les couloirs des concessions, mais devant les officiers de police judiciaire.



















