A la faveur de la réforme du système partisan et de la modification du Code électoral, le législateur a jugé de la nécessité d’introduire au rang des pièces requises au dossier de candidatures des postulants aux fonctions électives, une pièce majeure, qui est le quitus fiscal. C’est une pièce essentielle, qui de loin d’être un instrument de blocage, reste un instrument de mesure du sens civique du candidat.
S’il y a une pièce qui donne le tournis aux acteurs politiques prétendants aux fonctions électives à la veille de chaque scrutin, c’est bien le quitus fiscal. Le précieux sésame constitue à bien des égards, une pierre d’achoppement aux candidats. A leur corps défendant, les acteurs politiques n’ont relevé aucun grief contre cette innovation. Il ne pouvait en être autrement quand on sait qu’il serait prétentieux pour un acteur politique d’exposer une aversion vis-à-vis de cette disposition, ce qui s’apparenterait à une manière abjecte de passer pour un contre-exemple et de révéler au grand jour, son manque de patriotisme. Perçu ainsi, le débat sur l’opportunité de l’exigence du quitus fiscal, relève d’un non-sens. Et pourtant, les politiques en font l’amère expérience à chaque échéance électorale. Il ne pouvait en être autrement, car garants de l’éducation civique des masses populaires, ils ont l’obligation d’en être des modèles. Au demeurant et en bons citoyens, ils ne devraient pas attendre la perspective d’une élection pour s’acquitter de ce devoir civique. C’est pourtant, ce qui est en vogue par ici ou l’on tente de jouer au bon citoyen en apurant son ardoise fiscale, après avoir été assuré d’être positionné. A quelques encablures des prochaines élections législatives et comme à l’accoutumée, des acteurs politiques et pas des moindres, sont durement éprouvés par cette pièce. Comme il fallait s’y attendre, le débat est revenu sur le tapis. Certains étalant sans aucune pudeur leur mauvaise foi, se fendent d’arguments fallacieux et incongrus pour justifier leur mauvaise foi. Ils poussent leur imagination diabolique jusqu’à prêter des velléités d’exclusion au gouvernement. En quoi demander à un acteur politique, fut-il de l’opposition, de régulariser sa situation fiscale avant d’aller aux élections est synonyme d’exclusion ? Doit-on exclure les potentiels gouvernants de ce devoir alors même qu’on en tient rigueur aux citoyens lambda et autres acteurs de la société ? Le débat nauséabond et impertinent qui se mène autour du quitus fiscal est la preuve que cette réforme dérange. L’Etat ne doit point céder face à ces poches de résistance qui ont longtemps contribué à enfoncer le pays dans la pègre.
Abdourhamane Touré



















