Mercredi 29 avril 2026 au Chant d’Oiseau à Cotonou, il a été organisé l’atelier de renforcement de capacité de sensibilisation et de plaidoyer pour la reconnaissance et la valorisation du travail domestique non rémunéré au Bénin sous l’égide de l’Association d’aide au développement des femmes du Bénin ( Aadef ). Plusieurs membres des organisations de défense de la femme y étaient.
» Soutenir l’élaboration des politiques fondées sur les données en matière de travail domestique non rémunéré pour l’équité intergénérationnelle au Bénin et au Togo « . C’est l’intitulé du projet au coeur de l’atelier de renforcement de capacité de sensibilisation et de plaidoyer pour la reconnaissance et la valorisation du travail domestique non rémunéré porté par la coalition Consortium régional pour la Recherche en Economie Générationnelle (CREG )-Population Référence Bureau (PRB) et les organisations non gouvernementales: Association d’Aide au Développement des Femmes du Bénin (AADEF-Bénin) et Association Cœur Solidaire (ACS), respectivement basées au Bénin et au Togo avec le financement du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) et d’Affaires mondiales du Canada. Cet atelier vise à intensifier le plaidoyer, influencer les décideurs et amplifier la sensibilisation des acteurs de la société civile pour une reconnaissance effective de ce travail. Il mobilise d’autres décisionnaires clés et d’autres personnes qui défendent l’égalité des sexes au moyen de communautés d’apprentissage et de pratique sur les soins et les travaux domestiques non rémunérés pour une mobilisation accrue des acteurs.
Lançant les travaux dudit atelier, Professeur Rock Houngnihin, directeur de cabinet du président du Conseil économique et social ( Ces ), a fait savoir que le travail domestique non rémunéré constitue une composante fondamentale de l’économie béninoise en ce sens qu’il soutient la vie des ménages, assure le bien-être des familles et constitue de manière significative au fonctionnement global de la société béninoise. << Pourtant, ce travail reste largement invisible dans les statistiques économiques et insuffisamment reconnu dans les politiques publiques. Ce sont dans leur immense majorité les femmes et jeunes filles qui assurent ce travail au quotidien. Cette réalité soulève des enjeux majeurs en terme d’égalité, de justice sociale et de développement durable. La valorisation du travail domestique non rémunéré ne suffit pas seulement sa reconnaissance symbolique, elle appelle à des actions concrètes telles que : l’amélioration de la collecte des données statistiques fiables, l’intégration de cette dimension dans la planification économie, la mise en place des politiques favorables en matière de protection sociale d’accès aux services de base et de partage équitable des responsabilités domestiques et en terme de promotion de changement socio-culturel durable…..>>, a-t-il déclaré pour affirmer que le Conseil économique et social est engagé dans cette dynamique pour accompagner les organisations impliquées dans la lutte pour la valorisation du travail domestique non rémunéré au Bénin. Pour sa part, la présidente de l’AADEF-Bénin, l’ancienne députée à l’Assemblée nationale, Mariama Babamoussa Soumanou, a indiqué que cet atelier vise à soutenir les politiques publiques à travers des rencontres de haut niveau pour permettre de comprendre le travail de soins non rémunéré. << Nous avons déjà rencontré les parlementaires sur leur demande. Le ministère des Affaires sociales et de la microfinance, le ministère de l’Economie et des finances à travers la direction du budget et l’institut des statistiques et du développement et les Ong porteuses de ce projet doivent être impliqués. Nous voulons que les lignes bougent. Le projet est tellement important parce que, du point de vue statistique, ce sont des données probantes qui ont été utilisées pour montrer que 27% sont constitués par le travail domestique non rémunéré ne sont pas prises en compte. Le Projet intérieur brut ( Pib ) est la richesse d’un pays.Tout le monde est concerné par le Pib. Nous pensons qu’il faut inclure le travail domestique dans le Pib….>>, a-t-elle précisé. Bondant dans le même sens, le formateur des participants audit atelier, Dr Camille Dètondji Guidimé, enseignant à l’université de Parakou, membre du CREG, a fait savoir que ce sont des résultats qui permettent aujourd’hui de montrer scientifiquement la contribution de cette activité à la production de la richesse…. Cela montre qu’au Bénin, le sexe féminin notamment les femmes sont fortement productives du travail domestique qui constitue le ciment de la société notamment l’éducation des enfants, les garde-malades, la cuisine….. La problématique est que notre société en train de muter…..>>, a-t-il clarifié.
L’atelier a accouché des recommandations pour le renforcement de capacité de sensibilisation et de plaidoyer pour la reconnaissance et la valorisation du travail domestique non rémunéré au Bénin. Pour l’AADEF et ses partenaires, il faut continuer le travail sur le terrain pour l’atteinte de cet objectif.
Jules Yaovi Maoussi ( Bureau régional Ouémé/Plateau )

















