Porté par dix ans d’investissements massifs dans la culture et le patrimoine, le tourisme béninois s’apprête à changer d’échelle. Dans son programme « Aller plus loin », Romuald Wadagni dévoile un plan de relance historique de 1 250 milliards de Fcfa. L’objectif est attirer 2,5 millions de visiteurs par an et transformer le secteur tertiaire en un puissant moteur de création d’emplois de masse pour la jeunesse et les territoires.
Depuis une décennie, le Bénin mène une politique audacieuse de valorisation de son histoire, de sa culture et de son patrimoine, jetant les bases d’une véritable marque pays. Des restitutions historiques des trésors royaux au rayonnement mondial des Vodun Days, le secteur culturel a déjà entamé sa mue. C’est dans la continuité directe de cette dynamique que le candidat Romuald Wadagni inscrit son programme « Aller plus loin », en actant le passage de la construction d’infrastructures à l’exploitation industrielle du secteur. L’ancien ministre de l’Économie et des Finances formule ainsi une ambition chiffrée : injecter plus de 1 250 milliards de fcfa pour transformer cet héritage en un gisement d’emplois de masse. En ciblant 2,5 millions de visiteurs annuels à travers six pôles régionaux, le projet Wadagni entend faire du tourisme le principal carburant d’une relance économique inclusive, capable de transformer les succès culturels de la décennie écoulée en opportunités concrètes pour les jeunes et les femmes du pays. Un choc de 1 250 milliards pour transformer l’infrastructure béninoise
Pour transformer le potentiel touristique du Bénin en une véritable industrie pourvoyeuse d’emplois, Romuald Wadagni mise sur une thérapie de choc financier. L’enveloppe historique de 1 250 milliards de Fcfa prévue dans le programme « Aller plus loin » vise en priorité à combler le déficit infrastructurel du pays. Ces investissements massifs ciblent la modernisation des réseaux routiers pour désenclaver les sites majeurs, l’aménagement des réserves forestières en parcs nationaux de standing international et la réhabilitation des patrimoines historiques. Dans le secteur de la presse économique, ce type de relance par les grands travaux est reconnu pour son effet d’entraînement immédiat. En ouvrant simultanément des chantiers sur l’ensemble du territoire, le programme ambitionne de stimuler l’activité des entreprises locales de construction et de transport, générant dès les premières phases des milliers d’emplois directs et indirects pour la main-d’œuvre béninoise.
Six pôles régionaux pour ancrer les emplois dans les territoires
La stratégie de Romuald Wadagni repose sur un maillage territorial strict, conçu pour rompre avec la centralisation historique des richesses. En créant six pôles régionaux de développement, le programme « Aller plus loin » transforme chaque région en un écosystème touristique autonome et spécialisé selon ses forces patrimoniales. De la mise en valeur des cités historiques à la métamorphose des réserves naturelles en parcs d’envergure internationale, cette décentralisation planifiée crée une demande pérenne pour des métiers non délocalisables. L’impact sur le marché du travail est direct : la gestion des flux de visiteurs sur ces nouveaux sites nécessite le recrutement massif de guides certifiés, de gestionnaires hôteliers, d’agents de maintenance et de gardes forestiers. En fixant l’activité économique au plus près des communautés, ces pôles régionaux ambitionnent de freiner l’exode rural en offrant aux populations locales des perspectives professionnelles stables et durables directement chez elles. Le succès de cette relance par le tourisme repose sur la qualification de la main-d’œuvre locale et la compétitivité de l’artisanat béninois. Pour insérer durablement les jeunes et les femmes dans ce circuit économique, le programme de Romuald Wadagni déploie un double mécanisme de formation et de financement. Des filières professionnelles spécialisées seront créées pour élever les standards de service dans l’hôtellerie, la restauration et le guidage. En parallèle, l’artisanat d’art bénéficiera d’un soutien structurel majeur via l’extension des prêts ARCH (Assurance pour le Renforcement du Capital Humain). Ces micro-crédits ciblés permettront aux créateurs, couturiers et sculpteurs de moderniser leurs ateliers et d’accroître leur capacité de production. En professionnalisant ces métiers traditionnels, le candidat entend transformer le savoir-faire local en une micro-économie florissante, garantissant aux acteurs de terrain une capture directe des revenus générés par les flux de touristes.
Le tourisme, nouveau poumon économique
du Bénin de demain
En faisant du tourisme le pivot de sa stratégie de relance, Romuald Wadagni ne propose pas seulement un projet de valorisation culturelle, mais un véritable business plan pour le Bénin. L’articulation entre investissements massifs, décentralisation régionale et insertion des forces vives locales trace la feuille de route d’une économie diversifiée et moins dépendante des chocs extérieurs. Si le défi opérationnel reste immense pour attirer et absorber 2,5 millions de visiteurs, l’enjeu en vaut la chandelle : transformer le riche patrimoine béninois en un gisement d’emplois durables et faire de chaque citoyen un acteur de la prospérité nationale. Reste désormais à savoir si le calendrier d’exécution saura répondre à l’urgence sociale et aux attentes d’une jeunesse en quête d’opportunités.
Sergino Lokossou




















