Dans le discours ambiant sur le présent et l’avenir politique du Bénin, la question du renouvellement de la classe politique revient sans cesse. A l’approche des échéances électorales, la question apparaît sur toutes les lèvres, au point où les uns et les autres se demandent comment expliquer le difficile rajeunissement de la classe politique au Bénin. Comment expliquer parfois la longévité des titulaires de mandats électifs ?
La récente actualité montre que moderniser la vie politique au Bénin constitue une clé essentielle de restauration du lien de confiance entre gouvernants et gouvernés. Alors que le débat sur la révision constitutionnelle suit son cours avec des commentaires et des insinuations de toutes parts, on a assisté à un renoncement des candidatures aux élections législatives de 2026. Un choix délibéré fait par certains députés afin de permettre à des militants plus jeunes de faire leurs preuves. Une décision qui est intervenue pour tracer la voie au renouvellement de la classe politique tant souhaité par les uns et les autres. S’il est vrai que les institutions politiques doivent pouvoir refléter les évolutions de la société, ce qui suppose un minimum de renouvellement parmi les titulaires de mandats électifs. Il convient de préciser que ce renouvellement doit être de qualité répondant aux aspirations du moment. Mieux, il doit refléter une plus grande diversité sociale et culturelle de la population en termes de parité, de catégorie socioprofessionnelle, de formation, d’origine sociale ou d’âge.
Un nouveau cycle
Selon plusieurs observateurs de la vie sociopolitique du Bénin à l’instar de Doris Martial Koussouma enseignant de philosophie et militant du parti Moele-Bénin, « toute vie est cycle et la vie politique l’est davantage. Au Bénin nous sommes dans une fin de cycle qui doit consacrer le renouvellement progressif de la classe politique », a-t-il commenté. Pour peu que nous consultons l’histoire politique du Bénin, elle s’étend de 1960 à nos jours en quatre temps : de 1960 à 1972, de 1972 à 1990, de 1990 à 2016 et de 2016 à nos jours. A chaque période, il y a une génération qui s’impose, qui modifie les choses. Une génération dont les acteurs marquent d’une empreinte indélébile l’histoire politique du pays. On estime donc qu’aujourd’hui, 35 ans après l’historique conférence nationale, l’ancienne génération commence par passer le témoin (de force ou de gré) à l’actuelle génération procédant ainsi au « rajeunissement » de la classe politique. Mais pour que ce renouvellement soit effectif, il faut une jeunesse militante engagée, audacieuse ayant le cœur à l’ouvrage. Au sein des partis politiques, les jeunes doivent cesser de « diviniser » leurs responsables en s’imposant à tous les égards. Le cas récent du Sénégal doit faire école. Ce qui paraît important est que le renouvellement de la classe politique passe également par l’insertion professionnelle des jeunes. Car, un jeune militant engagé, déterminé jusqu’aux os mais qui n’a pas d’emploi sera improductif sur le terrain politique. Conséquence, ses responsables le considéreront toujours comme un garçon de course.
Sergino Lokossou




















