Le président Patrice Talon a échangé de nouveau avec les partenaires sociaux (syndicats) ce mardi 6 décembre 2022 comme annoncer. Selon le point fait par le secrétaire général de la Centrale des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), Anselme Amoussou, la rencontre qui a duré plus de 3 heures d’horloge au Palais de La Marina s’est soldée par plusieurs décisions. En attendant que lesdites décisions soient actées par le Conseil des ministres du ministres du 7 décembre 2022, on retient que les lignes ont considérablement bougé pour ce qui est de la revalorisation des salaires, des pensions mais également de la situation des Ame. Lire le point sommaire fait par le Sg Anselme Amoussou.
Revalorisation du point d’indice
« Nous avons abordé la question de la revalorisation des salaires des agents de l’Etat et le gouvernement a proposé deux niveaux d’augmentation. Dans un premier temps, il a été retenu une augmentation du point d’indice de 3% qui va frapper tous les agents de l’Etat et tous les retraités de l’Etat. Donc, les pensions seront impactées, les salaires également seront impactés. »
Augmentation des salaires et Smig
« Ensuite, le deuxième niveau d’augmentation prendra la forme d’un montant fixe qui varie de 40000 FCfa à 10000 FCfa en partant des salaires les plus bas vers les salaires les plus élevés de la fonction publique et ce sursalaire sera également pris en compte dans la revalorisation des salaires des agents de l’Etat. Ce sursalaire ne concerne pas les retraités contrairement au point d’indice qui concerne et retraités et salariés de la fonction publique. Sur cette question, nous avons insisté pour que le gouvernement veille à ce que non seulement les agents du privé et les retraités du privé puissent sentir les efforts du gouvernement mais également que sur la question du Smig, il faut que nous allions rapidement à une application étant entendu que le gouvernement a pris du temps et que le montant du Smig qui avait été proposé en avril parait caduc aujourd’hui, au regard de la situation sociale encore plus difficile. Mais le gouvernement avec les employeurs ont insisté pour dire qu’il fallait d’abord respecter les 52.000 FCfa convenus en avril dernier et donc nous en sommes tenus à ça. »
Quid de la hiérarchisation des salaires ?
« Les syndicats ont insisté sur la question de la hiérarchisation des salaires. Cela a été un long débat, un long débat où nous avons déployé nos arguments pour montrer au gouvernement qu’il ne s’agit pas d’une politique salariale de l’entreprise mais plutôt d’un mécanisme de justice, de solidarité et d’ajustement des salaires qui impose aux employeurs du privé de faire les efforts qu’il faut pour une simple question de justice sociale. Sur cette question, nous n’avons pas pu nous entendre parce que le chef de l’Etat et son gouvernement sont restés sur leur position et à leur entendement, il ne faut pas imposer systématiquement une hiérarchisation des salaires. Nous avons insisté sur la question des agents du privé et le gouvernement a décidé de faire le plaidoyer pour que les employeurs trouvent le mécanisme pour suivre l’Etat dans les efforts qui ont été faits vis-à-vis de ces agents. »
Situation des Aspirants au métier d’enseignant
« Sur la question des Aspirants au métier d’enseignant, nous avons eu trois niveaux de propositions qui semblent arranger un peu la situation des Ame. Premièrement, deux mois pendant les vacances, ils auront des sessions de renforcement de capacités pour améliorer leur niveau pédagogique et leur prestation en classe. Ensuite, ils pourront désormais aspirer à être des contractuels de l’Etat pour ceux qui auraient fait au moins trois ans de contrat en tant qu’aspirants et qui auront subi avec succès un test d’évaluation qui leur permet d’accéder au corps des contractuels de l’Etat. Le troisième niveau concerne la durée de contrat et le paiement. La durée de contrat va passer désormais de 9 mois à 12 mois avec 11 mois de paiement de salaire. Cela voudra dire que les deux derniers salaires qui sont les salaires qu’on va leur payer pendant les deux mois de renforcement de capacités seront des demi-salaires. Nous avons insisté pour demander au gouvernement de finir ce qu’il a commencé en leur donnant des salaires pleins. Mais sur cette question nous n’avons pas pu faire évoluer la position du gouvernement. »
Date de prise d’effet des mesures
« Sur la date d’effet des mesures qui nous ont été proposées, le gouvernement a insisté pour que cela prenne effet à partir de 2024 dans un premier temps et suite à notre réaction, on est revenu à janvier 2023 pour la date d’effet et nous avons insisté pour qu’on regarde un peu la situation sociale et qu’on tienne compte de la date à laquelle le gouvernement avait pris cet engagement qui est l’année 2022 et que le gouvernement puisse effectivement accepter de commencer à payer cette amélioration à partir de 2022. Le gouvernement est resté sur sa position mais le chef de l’Etat face à notre insistance, a accepté de discuter avec son gouvernement pour voir d’ici au Conseil des ministres demain (mercredi 7 décembre 2022 Ndlr), ce qui pourrait être fait éventuellement. Donc, on peut espérer que la position du gouvernement a évolué sur la question de la date d’effet et nous attendons de voir éventuellement ce que va donner la réunion du Conseil des ministres de demain. Nous avons abordé d’autres questions en divers qui sont des questions qui concernent l’ensemble des travailleurs mais sur la question qui était à l’ordre du jour de la revalorisation des salaires, des pensions mais également de la situation des Ame. Voilà globalement, ce que je peux dire en attendant un compte rendu complet qui va être fait au niveau de la Confédération. »

















