Le Directeur général du Fonds national de développement agricole (Fnda), Valère Houssou, a payé cash son imprudence et sa maladresse dans la gestion de cette structure. La décision prise hier mercredi 12 octobre 2022 en Conseil des ministres, est symptomatique de l’engagement et de la détermination du chef de l’Etat Patrice Talon, à ne pas fléchir dans la lutte qu’il mène contre la corruption et la mal gouvernance.
L’affaire de rançonnement et de perception de rétro-commissions au détriment des producteurs agricoles bénéficiaires de subventions, ainsi que des prestataires qui a éclaté depuis la semaine dernière a fini par emporter le désormais ancien Directeur général du Fonds national de développement agricole (Fnda). Valère Houssou puisque c’est de lui qu’il s’agit, aura appris à ses dépens que la mal gouvernance, la prévarication et autres travers contraires à l’éthique et à la morale, n’ont plus droit de cité à l’ère du Nouveau départ. C’est du moins l’analyse qui découle du limogeage du numéro 1 du Fnda, un établissement public à caractère agricole, placé sous la tutelle du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. C’est une structure mise en place pour promouvoir l’investissement privé dans le secteur agricole au Bénin. D’après le compte rendu du Conseil des ministres, des faits de mauvaise gestion sont à l’origine de cette sanction administrative extrême contre Valère Houssou. Le rapport fait lors du conclave gouvernemental par le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, Gaston Dossouhoui, a mis à nu des faits de rançonnement et de perception de rétro-commissions au détriment des producteurs agricoles bénéficiaires de subventions, ainsi que des prestataires dont se seraient rendus coupables Valère Houssou et certains de ses collaborateurs. En clair, les mis en cause s’octroient le luxe de percevoir auprès des bénéficiaires des subventions octroyées par le Fonds, des rétro-commissions. Une pratique qui entache la crédibilité du Fonds ainsi que l’impartialité censée caractériser le traitement des dossiers des requérants. Pour le gouvernement, les faits sont suffisamment graves en ce qu’ils mettent à mal l’effort de redressement national et d’assainissement engagé par le président Patrice Talon et son gouvernement. Du coup, ils ternissent les efforts que déploie constamment l’Exécutif au profit des populations aux fins de leur offrir des conditions et cadres requis pour un meilleur exercice de leurs activités génératrices de revenus.
Talon intraitable
Le relèvement du directeur général du Fonds national de développement agricole est la preuve que le chef de l’Etat n’entend faire aucune concession aux responsables à divers niveaux impliqués dans des actes de mauvaise gestion. La décision de limogeage du Dg Fnda montre une fois encore la pertinence de la lutte acharnée du président Patrice Talon et de son gouvernement contre la corruption, la mal gouvernance et les déviances préjudiciables à la consolidation des actions mises en œuvre pour révéler le Bénin. C’est la preuve que le gouvernement n’entend pas baisser les bras dans cette lutte et est disposé à traquer les poches de résistance qui continuent d’exister en dépit de la rigueur impulsée à la gestion des affaires publiques par le chef de l’Etat depuis 2016. Cette décision est aussi une bonne mise en garde à tous ceux qui sont tapis dans l’ombre et pensent pouvoir profiter d’éventuelles failles du système pour continuer à se comporter comme dans un passé révolu. Dans le cas d’espèce, il importe de saluer la promptitude du gouvernement à se saisir du dossier et surtout à jouer sa partition en prenant les sanctions administratives qui s’imposent. Il convient par ailleurs de faire remarquer que cette décision du gouvernement qui s’infère du niveau des investigations menées par la Brigade économique et financière (Bef) amène à conclure à une rupture de confiance au point où il n’est plus convenable de maintenir les auteurs des faits révélés à leur poste sans entacher la crédibilité du gouvernement et de la structure. Du coup, le Conseil d’administration est instruit aux fins de relever tous les autres responsables mis en cause. Enfin, il convient de mentionner que cette décision est sans préjudice des sanctions judiciaires ou administratives et donc qu’elle ne vient pas clore le dossier.
Gabin Goubiyi

















