Depuis le 26 décembre 2025, les différentes formations politiques multiplient les stratégies pour convaincre les électeurs. Sur le terrain, c’est la campagne de proximité qui reste l’option privilégiée même si certaines formations osent de temps en temps, des regroupements de masse.
Au Bénin, la campagne électorale pour les élections couplées législatives et communales bat son plein en ce début d’année 2026. Les partis politiques rivalisent d’ardeur et d’ingéniosité pour grimper dans l’estime des électeurs. Les murs des édifices publics ainsi que certaines habitations privées sont largement couverts d’affiches et de banderoles à l’effigie des partis en compétition. Outre l’affichage publicitaire, plusieurs formations politiques ont opté pour l’organisation de caravanes afin de présenter leurs projets et d’annoncer leurs ambitions électorales. Sur le terrain, les électeurs expriment déjà leurs attentes, mettant en avant des préoccupations liées au coût de la vie, à l’emploi des jeunes, à l’accès aux services sociaux de base et au développement local. Alors qu’on s’achemine vers la fin de cette campagne électorale prévue pour le vendredi 9 janvier 2026, les partis en lice, qu’ils soient de la mouvance ou de l’opposition semblent, dans leur grand ensemble, changer de stratégie. Parmi les moyens et techniques mis en œuvre pendant cette campagne électorale, le porte-à-porte demeure une stratégie incontournable et prisée par tous les candidats. Cette stratégie quoi qu’on y pense point, permet en effet d’établir une relation de proximité avec les électeurs, de témoigner d’un ancrage territorial, ce qui est généralement essentiel pour gagner des élections de proximité comme les communales. Aussi permet-elle de comprendre les préoccupations locales et d’adapter le discours, allant au-delà des messages généraux. Le porte à porte ou les rencontres ciblées plutôt que les grands meetings qui drainent du monde. C’est ce qui résume à suffisance la campagne pour ces élections couplées de janvier 2026.
Réforme du système partisan ou défaut de moyens des partis
S’il est vrai qu’aucun parti politique n’a reçu de financement public de l’État, il est important de préciser que le jeu politique est davantage serré avec le nouveau texte clairement exigeant à l’égard des acteurs politiques et des prétendants aux fonctions de représentation du peuple. La nouvelle loi électorale au Bénin, notamment la loi n°2024-13, durcit les conditions d’accès à la candidature présidentielle avec l’exigence de 15 % de parrainages d’élus (députés et maires), contre 10 % auparavant, provenant d’au moins 3/5èmes des circonscriptions. Pour les législatives, il faut un score d’au moins 20 % dans 24 circonscriptions, au lieu de 10 %. Ces réformes visent à renforcer la représentativité des élus. Ces exigences visent à professionnaliser le paysage politique et à garantir une représentation plus large. Il est clair que cette stratégie du porte à porte priorisé par les partis en compétition est plus une conséquence de la réforme du système partisan que d’un manque de moyen. Même si toutes les formations ne disposent pas des mêmes moyens. Cette réforme du système partisan voudrait que les partis s’investissent davantage pour pouvoir tirer leur épingle du jeu au soir de ces élections couplées.
Sergino Lokossou




















