Institué par la réforme constitutionnelle de 2025, le Sénat béninois vient de s’installer et suscite déjà débats et attentes dans le département du Zou. Présenté comme une chambre de réflexion et de régulation, il devra convaincre de son utilité en assumant ses missions de représentation des collectivités territoriales, d’évaluation des politiques publiques et de consolidation de la démocratie.
A peine s’installer, le Sénat nourrit assez d’ambitions et de craintes au sein des populations du Zou. Thino Dégbessoun, expert en gouvernance locale s’est intéressé à la mission de cet organe de régulation. Selon lui, le Sénat est avant tout un outil de correction et d’équilibre. « Il analysera les lois, évitera les précipitations et portera la voix des territoires pour un développement harmonieux », a-t-il précisé. Valère Houmènou, enseignant et acteur politique, y voit plutôt un « conseil des sages » chargé de réguler la vie politique et de préserver les acquis démocratiques, tout en rappelant que l’Assemblée nationale doit rester souveraine. L’Imam de la mosquée centrale de Bohicon, Idrissou Boukary, initialement sceptique, se dit désormais rassuré. « Le Sénat va nous garantir la paix, la cohésion et la stabilité de la démocratie» a confié le leader religieux. Quant à Laurent Kènou, président du collectif des artisans de Bohicon, il soutient l’institution mais appelle à une attention particulière pour l’artisanat. « Si le Sénat peut penser à nous, ce serait trop bon », a-t-il plaidé. Pour Fiacre Goukpélèhou, citoyen d’Abomey, la qualité des personnalités appelées à siéger rassure. « Nous espérons qu’ils soient à la hauteur afin de pérenniser la paix, d’assurer la stabilité des institutions et d’accompagner le développement véritable du pays. En un mot, nous avons besoin d’un Sénat utile », a-t-il déclaré. Le député Maman Sanni abonde dans le même sens, soulignant la richesse des parcours intellectuels et politiques des sénateurs. « Ce sont des personnes de dernier recours. Leur rôle est d’influencer l’harmonie sociale, la paix et la cohésion nationale», a-t-il rappelé. Il a également salué la présidente du bureau d’âge second, Élisabeth Pognon, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle surnommée « la Dame de Fer », dont l’expérience et la rigueur continuent d’inspirer. Ces témoignages traduisent une attente commune, celle de voir le Sénat jouer pleinement son rôle de médiateur, garant de la stabilité institutionnelle et moteur du développement. Les regards sont désormais tournés vers cette nouvelle chambre parlementaire, appelée à s’imposer comme un pilier de la démocratie béninoise. Entre prudence et optimisme, les citoyens du Zou attendent que le Sénat prouve sa pertinence en devenant un véritable instrument de paix sociale, de régulation politique et de développement inclusif.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)
















