Selon le gouvernement, la production du soja au Bénin est passée de 156.900 tonnes en 2017 à 253.953 tonnes en 2021. Une croissance considérable qui devrait booster la nouvelle dynamique gouvernementale en matière d’industrialisation du pays.
Parmi les réformes qui ont été entreprises par le gouvernement, on peut déjà citer la réforme liée à la territorialisation de l’agriculture à travers désormais les pôles de développement agricoles où le gouvernement a tenu compte des zones agro écologiques favorables à chaque type de spéculation, responsabilisé les agences pour le développement de ces spéculations en mettant à côté les filières de diversification. Pour promouvoir les filières locomotives, l’Etat a doté les acteurs du Programme de développement de la filière. S’agissant du soja, on parlera du programme de développement de la filière soja. Ce programme est actuellement en cours d’évaluation pour générer la deuxième génération. Il y a des réformes qui ont touché le volet gouvernance suite à un certain nombre d’observations de difficultés, de contraintes, de fonctionnalités, de leadership. Le gouvernement a mis en place des conditions qui vont permettre de suivre l’évolution de la filière. Une des contraintes qui peut être soulevé est le problème des statistiques. On ne peut pas développer une filière sans connaitre les statistiques réelles sur ceux qui travaillent au développement de cette filière. Les évaluations de performance de ces filières se font par un comité qui est composé de la représentation des différents acteurs tels que : la Chambre nationale d’agriculture (Cna), la Pnopa, la Dlopea, la Pasib et la Ccib. Avec ces réformes, les acteurs sont obligés de se mettre au pas.
Organiser la filière à tous les niveaux
Le schéma actuel d’organisation des acteurs de la filière soja suit le découpage territorial. Au début, l’Unps était constitué des unions de coopératives villageoises de producteur de soja qui met ensemble les producteurs individuel et ces producteurs en fonction de leur territoire s’organise en union communale de producteurs de soja. A leur tour, ils se sont organisés au niveau national pour les questions de plaidoyer et constitue l’Union nationale des producteurs du soja (Unps). C’est une structuration de type pyramidal. La faîtière nationale n’est qu’une instance pour porter certaines préoccupations des acteurs vers le pouvoir public et se positionne comme une organisation de défense d’intérêt de facilitation a un certain nombre de services. Elle est gérée par des organes dont l’organe suprême est l’assemblé générale, le conseil d’administration, le conseil de surveillance qui sont des organes politiques. Pour la mise en œuvre politique de ces unions, il y a un organe technique, la direction exécutive que j’ai le privilège et la lourde responsabilité de coordonner. Cet organe s’appuie sur des techniciens pour aider le conseil d’administration.
Parmi les réformes, les organisations qui interviennent dans le secteur agricole doivent s’enregistrer dans un registre digitalisé que le gouvernement a mis en place. S’enregistrer dans ces registres faits appel à un certain nombre de prédispositions que ces acteurs doivent avoir. Quand on se réfère toujours à l’ancien modèle, les coopératives sont des entités économiques. On ne crée pas une coopérative parce qu’on a envie de créer, plutôt parce qu’on a identifié une contrainte économique et même sociale auxquels on se met ensemble avec les acteurs pour définir un moyen qui leur permettent de répondre à ces besoins. Malheureusement, ces coopératives ont des problèmes de fonctionnalités. Il faut disposer d’un potentiel économique à même de lever beaucoup de contrainte. Après analyse du modèle de structuration, on voit qu’il y a des niveaux qui ne sont pas pertinents parce que ça crée un morcellement de service, de structure et au final, le producteur dans son village individuel qui devrait être impacter de par les actions de son organisation ne l’est pas réellement. Il y a aussi cette faiblesse de mobilisation de ressources économiques. La faible capacité de respect des exigences législatives et tout ce qui est liées aux principes coopératifs que ces organisations n’ont pas la force de respecter. Un autre élément est d’apprécier tout ce qui est lié à la difficulté de formalisation de ces entités économiques.

Des contraintes
Au Bénin, la production, la transformation et la commercialisation du soja intéresse de plus en plus les petits producteurs en raison de sa forte rentabilité et sa capacité de fertilisation du sol.
Environ 80 000 tonnes du soja produit à travers ses dérivés sont annuellement servis sur le marché local. Beaucoup de producteurs délaissent la production de coton au profit de celle du maïs et du soja, plus rentables. Pour le ministère en charge de l’Agriculture du gouvernement béninois, la filière soja est l’une des plus porteuses dans un horizon très proche. Le soja constitue donc une opportunité certaine pour le développement de l’agro-industrie au Bénin. Cela implique une relation d’affaires durable entre les différents acteurs de la filière soja, avec pour finalité l’amélioration des conditions de vie des petits producteurs et de leurs familles. A noter également, que la culture du soja est une solution à l’appauvrissement de sol car cette légumineuse apporte des éléments nécessaire pour la fertilisation des sols. Cependant, la filière connait plusieurs contraintes : un approvisionnement difficile en semences de qualité au moment opportun : les semences livrées et achetées ne sont pas toujours certifiées et produites par des spécialistes. Il s’agit parfois de réserves sur des productions ordinaires ; il s’ensuit de faibles taux de germination, une maîtrise difficile du cycle de la variété et des rendements faibles ;Une faible maîtrise de techniques améliorées de production par les producteurs; une faible maitrise des différentes techniques de transformation de soja par les femmes qui sont très actives dans le domaine ;Une mauvaise organisation de mise en marché du produit : la plupart des producteurs du soja ont des difficultés à trouver des acheteurs offrant des prix suffisamment rémunérateurs, ou utilisent une grande partie de leur production pour rembourser les crédits de campagne qui leur sont octroyés par des usuriers. Ces crédits sont parfois remboursés à des taux d’intérêt de 100%, du fait des techniques de remboursement en nature pratiquées. Le soja est cédé au prix le plus bas de la campagne, sans aucune marge de négociation possible de la part des producteurs.
Sergino Lokossou
















