Le samedi 26 juillet 2025 à 20h Gmt, la diaspora béninoise était réunie en ligne autour d’un sujet crucial : « Structuration et valorisation de la diaspora béninoise : quel rôle pour le Haut conseil des béninois de l’extérieur (Hcbe) ? ». Organisée par le Réseau des jeunes Béninois de la diaspora (Rjbd), cette rencontre a été l’occasion pour Dr Maxime Vignon, président du bureau mondial du Hcbe, de dresser un état des lieux franc, parfois critique, mais résolument constructif du rôle que doit jouer la diaspora dans le développement du Bénin.
Dès l’ouverture, Dr Vignon a souligné l’importance de la diaspora dans le développement de toute nation moderne. « Il n’y a pas de nation forte sans une diaspora structurée », a-t-il affirmé, rappelant que les apports de la diaspora béninoise, bien qu’importants, restent trop souvent éparpillés, faute d’organisation et de structuration collectives. Il a notamment plaidé pour la création d’un fonds d’investissement de la diaspora, précurseur d’une potentielle banque de la diaspora, qui permettrait aux Béninois de l’extérieur de financer ensemble des projets structurants au pays et d’en tirer des dividendes. « Il faut qu’on passe de l’envoi de fonds individuels à des actions collectives et pérennes », a-t-il insisté.
Initiatives concrètes et ancrage local
Plusieurs réalisations concrètes ont été partagées : la base agricole et l’usine de transformation de manioc « KwaWotNyo » à Djeffa, la mise en place de formations professionnelles à l’intention des jeunes, et des forums de networking comme celui organisé en 2023 autour de la fête de l’indépendance. Sur le plan social, le Hcbe a aussi marqué des points : dons à des orphelinats et personnes handicapées, soutien à des étudiants par l’octroi de bourses, reconnaissance du mérite des femmes policières, et accompagnement des afro-descendants dans leur retour aux racines béninoises, notamment via le projet « Héritage raven ».
Obstacles : financement, communication, solidarité
Mais tout n’est pas rose. Dr Vignon n’a pas éludé les défis : manque de financement institutionnel, communication limitée, querelles internes entre associations, et surtout, une faible culture de la solidarité au sein de la diaspora béninoise. « Nous avons cette méfiance entre Béninois qui nous plombe. Il faut que cela change. Un seul doigt ne peut ramasser la farine », a-t-il martelé. Il a aussi dénoncé la tendance à « laver le linge sale en public », notamment sur les réseaux sociaux, qui fragilise l’image du Hcbe et décourage les autorités béninoises à s’impliquer. Interrogé sur la stratégie de communication du Hcbe, Dr Vignon a reconnu des lacunes, liées en partie à l’absence de financements stables. Il a toutefois salué les initiatives locales, notamment au Canada, où des services comme des assurances sont proposés aux membres pour encourager l’adhésion.
Vers une diaspora plus unie et plus influente
Le président du bureau mondial du Hcbe a invité les jeunes, les professionnels et toutes les forces vives à s’impliquer davantage. « Il n’y a pas de formule magique, juste de la patience, du sérieux et du travail. Il faut s’unir autour de projets porteurs », a-t-il dit, avant de conclure : « Le Bénin dont nous rêvons, c’est à nous de le construire. » Avec plus d’une heure d’échanges riches et interactifs, cette conférence a mis en lumière à la fois les ambitions, les limites et le potentiel immense d’une diaspora béninoise encore en quête de cohésion. Une chose est sûre : la balle est désormais dans le camp de chacun pour faire bouger les lignes.
A.T.

















