Une semaine après les malheureux événements qui se sont produits au sujet de la succession au sein de la collectivité royale Godjo-Houégbadja d’Abomey, Dada Godjo Gbénonkpô, l’un des prétendants au trône, a animé une conférence de presse, le dimanche 25 mars 2024, à Bohicon, pour rétablir la vérité dans cette affaire qui défraie la chronique dans l’opinion publique.
La collectivité royale Godjo-Houégbadja d’Abomey a deux têtes couronnées. L’une auto-proclamée parce que désigné par le chef de la collectivité défunt et l’autre intronisé par la cour royale de Danxomè. Une situation conflictuelle qui compromet la paix et la cohésion des filles et fils de cette collectivité. Identifié comme le principal fauteur de trouble, Dada Godjo Gbénonkpô a décidé de rompre le silence pour éclairer l’opinion publique au sujet de cette ténébreuse affaire. Parti de l’historique de cette collectivité dans la généalogie royale, il a conté le rôle éminemment important qu’a joué son aïeul dans l’organisation de Danxomè en tant qu’un fils de Houégbadja, le fondateur du royaume. Faisant la jonction entre la place prépondérante que son aïeul a occupé au sein de la dynastie royale et sa proximité avec le roi Houégbadja, il en déduit que l’occupant du trône n’est pas couronné. Contrairement à certaines lignées royales où les chefs de collectivités et des familles sont couronnés par la cour royale, dans la collectivité Godjo-Houégbadja, tel n’est pas le cas. A en croire les explications du conférencier, le chef de la collectivité Godjo-Houégbadja s’auto-proclame à l’issue des cérémonies de son prédécesseur. Ce n’est qu’après le retentissement des coups de canon annonçant l’apparition du nouveau chef de la collectivité que Atchassou, l’un des hauts dignitaires de la cour a qui Houégbaja avait dévolu cette mission qu’on effectue les rituels afférents pour légitimer le nouveau chef de collectivité sous la responsabilité de Agbohèssou, le chef de lignée. Des déclarations du conférencier, l’on retient que la cour royale ne devrait pas s’immiscer dans le processus mais plutôt entériner le compte rendu qui lui sera fait par Atchassou et Agbohèssou qui sont ses représentants légitimes dans chaque lignée ou zone. « Mais malheureusement les règles ont été violées » a-t-il regretté. Poursuivant son exposé, il a indiqué que non seulement, il a été désigné publiquement par son père défunt pour le succéder, mais il a observé toutes étapes nécessaires relatives à son couronnement. Homme de paix et d’unité, il a également fait des démarches de consultation en direction de plusieurs dignitaires pour recueillir leurs conseils. Alors, il a été officiellement installé sur le trône de Godjo courant décembre 2023 suivant les rites coutumiers de la collectivité. Mais à la grande surprise des filles et fils de Godjo-Houégbadja, une autre personne a été couronnée le 16 mars 2024 par la cour royale en violation des principes sacro-saints déjà établis par la famille. Le monstre à deux têtes ainsi créé sur le trône éprouve la cohésion et l’entente tant prônées par les ancêtres. Préoccupé donc par le retour de la paix au sein de ses frères et sœurs, il appelle à l’arbitrage du chef de l’Etat afin que le trône de la collectivité Godjo-Houégbadja puisse être rétabli selon les exigences traditionnelles établies et la volonté des ancêtres qui n’attendent que cela pour organiser un banquet de solidarité dans l’au-delà.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)


















