(La 4ème session extraordinaire terminée en queue de poisson)
La tension était vive, jeudi 14 août 2025 lors de la 4ème session extraordinaire du Conseil municipal de Porto-Novo tenue dans sa salle de délibération. Des envolées verbales voire des attaques personnelles fusaient de tous les bords politiques. Pour le maire, Charlemagne Yankoty, c’est la résultante de la manipulation des travailleurs de son administration par un groupuscule de conseillers municipaux en quête de popularité.
Étude et validation de la communication relative à l’affectation du résultat issu de la gestion budgétaire 2024 de la mairie de Porto-Novo. C’est le premier point inscrit à l’ordre du jour de la 4ème session extraordinaire du Conseil municipal de de Porto-Novo tenue, le jeudi dernier. A ce niveau, il y a eu assez de grincements de dents. En effet, le conseiller municipal, Romulus Biokou et certains de ses collègues du Bloc républicain (Br) ont frontalement attaqué le maire Charlemagne Yankoty de vouloir sacrifier les travailleurs pour l’achat d’une niveleuse. En clair, ce dernier a été accusé de ne pas répondre favorablement aux revendications des travailleurs de la municipalité surtout par rapport à leurs dettes. Cette accusation est rejetée en bloc par l’intéressé et ses partisans qui soutiennent que c’est au cours de cette mandature que le personnel municipal a eu plus de satisfaction. Tout ceci se déroulait dans une atmosphère tendue. Par la suite, Romulus Biokou et ses lieutenants frondeurs du Br ont dû quitter la salle, malgré l’insistance du maire qui les a appelés à y rester. Au finish, le premier point inscrit à l’ordre du jour de ladite session a été adopté par la majorité du Conseil municipal.
Face à la presse, Charlemagne Yankoty a déploré les attitudes politiciennes de certains membres de son Conseil municipal qui, selon ses propos, manipulent les travailleurs de son administration à des fins politiciennes. « Cette session ressemble à toute session extraordinaire, mais à quelques différences près. Il faut reconnaître qu’il y a eu un peu de tensions, parce que nous avons travaillé sur deux points. Le premier concerne l’affection de résultats. Comme vous le savez, à la clôture de chaque exercice, ce qui est dégagé comme excédent est reversé en grande partie pour l’investissement. Dans ce cadre, nous avons fait des recommandations. C’est justement à ce niveau qu’il y a eu des tensions…», a-t-il déclaré. Il poursuit en précisant : « Vous n’êtes pas sans savoir qu’au niveau de notre Commune, il y a eu récemment un peu de remue-ménage par rapport aux travailleurs. Malheureusement, c’était une incompréhension de leur part. Ils ont eu le temps de comprendre qu’ils avaient des droits déjà prévus pour être réglés. Mais, il y a certains d’entre eux qui se laissent manipuler par certains conseillers qui peut-être leur miroitent un soutien que je ne sais. Ce faisant, quand on est venu en Conseil, nous avons reconnu dans le cadre du projet de développement de la ville qu’on doit acheter une niveleuse, parce que les engins utilisés par la Commune sont complètement amortis. Nous disposons de deux engins : une niveleuse et une chargeuse. La niveleuse de seconde main a été achetée au cours de la première mandature. La chargeuse a été offerte par la Banque mondiale dans le cadre du projet Pugemu au cours de la deuxième mandature. Nous sommes à la fin de la quatrième mandature. Donc, face à cette situation au regard du coût de location d’une niveleuse qui tourne autour de 300 000 à 400 000 par jour, il faut changer la donne, parce que nous avons un réseau routier qui est à 80% en terre. Ce réseau a besoin d’entretien. Chaque fois après la pluie, nous constatons vraiment que nos populations souffrent énormément et elles ne cessent de nous solliciter pour l’aménagement des voies. Donc, après un diagnostic au début de notre mandature, on avait retenu le principe d’acheter une niveleuse…», a indiqué Charlemagne Yankoty pour justifier la nécessité d’acheter une niveleuse pour sa ville.
De la politique
politicienne
Selon ses dires, le problème autour de cet investissement n’est que de la politique politicienne. « L’année dernière, n’ayant pas les moyens en bloc pour faire la commande, nous avons pris l’option de le faire en deux tranches. L’année dernière, unanimement, nous avons fait une prévision de 150 millions en dotation, et cette année, nous sommes en train de faire un complément de 150 millions pour boucler l’acquisition de la niveleuse. Mais, force est de constater que pour plus de 200 millions de ressources mises de côté pour satisfaire au cours de cette année même les besoins des travailleurs, on a des conseillers qui estiment qu’on peut encore enlever 30 millions du montant de la niveleuse qu’on veut acheter pour compléter et solder complètement la dette des travailleurs. Or, concernant la dette des travailleurs, on est la seule mandature à faire ce qu’aucune n’a fait pour eux. A notre arrivée, le point de la dette sociale s’élevait à 200 millions de FCfa. La première année de notre mandature, on a épongé 100 millions de FCfa, la deuxième année, 50 millions et 20 millions. Cela fait 170 millions…», a-t-il démontré. Pour le maire de Porto-Novo, l’accroissement de la dette sociale est dû à la nouvelle revalorisation des salaires des travailleurs. « Avec la réforme, les travailleurs n’ont pas suivi. Durant trois ans, plus rien n’a été affecté à leur profit. Aujourd’hui, avec la revalorisation des salaires, cela a changé et créé une nouvelle dette sociale qui s’élève encore à plus de 200 millions de FCfa. Nous avons acté au regard de tout ce qui est prévu au budget, on est en train de payer encore plus de 200 millions de FCfa pour l’ensemble des travailleurs au cours de cette session. A cause de 40 millions de FCfa que nous avons projetés dans le collectif budgétaire, il y a certains de nos collègues, ils ne sont que trois qui sont dans la manipulation, qui veulent qu’on ne vote pas, parce qu’ils ne sont pas pour le développement de la ville. Voilà un peu, ce qui a justifié la tension et la majorité des conseillers a voté pour l’affectation telle que prévue…», a fait remarquer le maire de Porto-Novo. Il s’en réjouit et félicite ses soutiens. « C’est le lieu pour moi de remercier les conseillers éclairés qui ont compris qu’on est là pour le développement de la ville», a-t-il conclu.
Le second point relatif à l’étude et à la validation du projet du document communal de programmation budgétaire pluriannuelle est passé comme une lettre à la poste. Rendez-vous pris pour la session extraordinaire.
Jules Yaovi Maoussi (Br Ouémé-Plateau)



















