Les secteurs touristique et cultuel béninois essayent de s’adapter aux standards internationaux pour pendre leur part de marché dans le monde. Le gouvernement s’est engagé dans la mise en œuvre des projets et programmes innovants à travers le Pag.
Le Bénin possède un riche patrimoine culturel, des sites naturels exceptionnels et une diversité ethnique remarquable. En effet, en 2019, le pays a accueilli 337 000 touristes, le plaçant au 145ème rang mondial en termes absolus. La structuration du tourisme, de la culture est une condition sine qua non pour la révélation de la richesse du Bénin et des compétences humaines dont regorge le pays. En clair, ce n’est pas la présence de richesses culturelles qui fera que le Bénin sera connu à travers le monde, mais la manière dont ces ressources sont vendues aux visiteurs. « On a beau avoir Angélique Kidjo, le meilleur parc au monde, s’il n’y a pas une organisation derrière, cela ne pourra jamais profiter au pays », affirmait Jean-Michel Abimbola. Durant les cinq dernières années, le gouvernement s’est attelé à relever cinq principaux défis : structurer et requalifier l’offre, engager un lourd investissement pour accroître et rendre le tourisme plus attrayant.
Abordant les projets phares et investissements majeurs dans le tourisme et le patrimoine à la faveur d’une sortie médiatique, le ministre Jean-Michel Abimbola a indiqué, chiffres à l’appui, que le gouvernement a réussi à positionner le Parc national de la Pendjari comme le parc Safari de référence de l’Afrique de l’Ouest. La délégation de gestion signée avec African Parks a permis d’assurer la conservation du parc, d’accroître l’offre d’hébergement et de renforcer la sécurité et la surveillance autour de cette grande réserve animalière. Il a également mis en exergue les efforts consentis dans le cadre du projet de la réinvention de la Cité lacustre de Ganvié, la mise en œuvre du plan de gestion du site des palais royaux d’Abomey en attendant la construction du Musée de l’épopée des amazones et des rois du Danxomè à Abomey.
Ouidah, une cité chargée d’histoire
A Ouidah, le gouvernement travaille sans bruit. Le vaste projet de reconstruction à l’identique de la cité historique de la traite négrière aboutit sûrement avec la réhabilitation complète de la maison de Brésil et la réhabilitation en cours du Fort portugais, la Place aux enchères, la Porte du non-retour, le Mémorial et l’arbre de retour de Zoungbodji, le bâtiment colonial et la construction du Musée international de la Mémoire et de l’esclavage. La station balnéaire en cours d’aménagement à Avlékété et la construction de la Marina de Ouidah ainsi que l’aménagement de la station balnéaire de Plm Alédjo Eldorado et celui de la « route des pêches ». Avec tout ça, Ouidah deviendra un grand pôle touristique. Outre les nombreux projets en cours dans la partie méridionale, la route des Tata est également mise dans le circuit touristique dans l’Atacora et région. De riches patrimoines restés longtemps inexploités et dont la mise en valeur préoccupe l’Exécutif depuis 2016.

davantage de touristes
Le Bénin, attire le monde entier
Depuis peu, le pays est devenu la terre de convoitise pour le monde entier. « Ceux qui ont des projets, que ce soient des Béninois de l’intérieur, de la diaspora ou des afro-descendants, nous suivons de près les projets pour accueillir et assurer leurs investissements. Le Bénin, à travers les réformes, va mettre en place une agence de promotion de tourisme, une agence de promotion de la destination Bénin. L’agence (Tour Opérateur) va travailler à faire connaître les atouts touristiques que nous avons au Bénin. Ainsi, les infrastructures nationales seront prisées. Des primes seront données aux citoyens qui voudront visiter les sites touristiques du pays. Cela, pour permettre à ce que les gens passent leurs vacances au pays au lieu d’aller à l’extérieur. » Ses propos du ministre Abimbola prouvent à suffisance le prix que le gouvernement attache au tourisme. Un brin d’espoir. Mieux, ils ont suscité un grand enthousiasme dans le cœur des compatriotes de la diaspora qui ont voulu mieux comprendre les opportunités qu’offre désormais leur pays à ceux d’entre eux qui voudront investir dans le secteur du tourisme. Et à cette préoccupation, Jean-Michel Abimbola avait laissé entendre que le Bénin est déjà devenu un terrain de convoitise pour les grandes marques touristiques. « Hilton Resort, Sofitel 5 étoiles, Golden Tulip, Club Med, Banyan Tree, Complexe All inclusive, voilà quelques grosses signatures qui montrent que notre pays n’est plus un petit pays en la matière … »
Les retombées du Pag dans le secteur
L’action du gouvernement à travers le Pag « Bénin Révélé » a également produit des retombées dans le secteur du tourisme. Les investissements dans les infrastructures touristiques et les réformes dans le sous-secteur de l’hôtellerie et de la restauration ont propulsé l’image du Bénin qui aujourd’hui apparaît comme une jeune fille nubile convoitée par de grands groupes hôteliers. Pour ce qui concerne les retombées socio-économiques, il y a entre autres, la création des emplois au parc national de la Pendjari (1000 occasionnels sur le parc et 285 permanents dont 93% sont des ressortissants béninois, faisant du parc le plus grand employeur dans les parcs nationaux d’Afrique de l’ouest) et à Ouidah. Il y a également les appuis apportés aux communautés locales dont la construction d’un barrage pour le bétail à Matéri, d’un forage à Daga de bassins et d’étangs piscicoles ; l’appui à une trentaine de cantines scolaires ; le financement de projets d’apiculture (63 apiculteurs) et plus de 30 écoles et plus de 1000 élèves par an bénéficient des actions sociales du parc. Le Bénin est repositionné et révélé de par sa culture et ses arts. Dans 2 à 5 ans, le Bénin occupera une place remarquable sur la scène touristique continentale. Le tourisme, la culture et les arts sont en passe de devenir des secteurs majeurs qui susciteront des vocations au même titre que les finances, l’économique et la planification.

Malgré les défis, le Bénin a le potentiel de devenir une destination touristique de premier plan en Afrique. Avec ses paysages magnifiques, sa riche histoire et son coût de la vie abordable, le pays a beaucoup à offrir aux visiteurs et le gouvernement compte bien faire de ce secteur un levier de développement économique et le principal outil de rayonnement du pays à l’international. « Ici, chacun voit, qu’il soit sur le territoire national ou en dehors, qu’une dynamique nouvelle s’installe », affirmait en décembre dernier le président de la République Patrice Talon devant les députés.
Sergino Lokossou




















