La crise consécutive à la cherté des prix est une crise globale. Elle a l’avantage de mettre les gouvernants sous pression. Pour convaincre les populations de la pertinence des mesures d’atténuation prises, ces derniers ont été contraints à descendre à la base. Ce qui, en fait, n’est que le vrai sens de la démocratie, le pouvoir à la population. C’était tout sauf une campagne déguisée.
Soucieux du bien-être de son peuple, le président de la République, Patrice Talon, a dépêché ses ministres dans les 77 Communes du Bénin, depuis le jeudi 12 mai, afin de mettre tous les citoyens au même niveau d’information. Il fallait expliquer aux populations les vraies raisons de la cherté de la vie au Bénin et dans le monde, les mesures prises par l’Exécutif et recueillir les préoccupations des populations, sinon diverses contributions pour l’amélioration des mesures d’atténuation. Partout, les élus communaux et locaux et les différentes couches socio-professionnelles dont les producteurs, les femmes des marchés, taxis-motos communément appelés « zems », artisans, leaders religieux, têtes couronnées et cadres à divers niveaux ont répondu fortement à l’appel pour, d’une part écouter mais aussi pour échanger avec la délégation. Tout le monde a vu et constaté cette effervescence sur le terrain. Et pourtant, il s’est trouvé des individus qui, au lieu d’apprécier et participer à cette solidarité nationale, versent dans la désinformation et l’intoxication. Suite aux différentes questions qui ont suivi les exposés faits par les membres du gouvernement dans chaque ville, des clarifications ont été apportées aussi bien par les membres du gouvernement que par les cadres qui les accompagnent. Le gouvernement s’emploiera donc, les jours à venir, à préserver le pouvoir d’achat de la population et limiter les effets de la crise actuelle dans notre pays par des ajustements et d’autres innovations. En effet, malgré les prix fixés en Conseil des ministres, le prix de certains produits pétroliers comme le gaz domestique par exemple a connu une nouvelle augmentation. En tournée d’explication, Pascal Iréné Koupaki a présenté l’effort fait par le gouvernement pour maintenir bas le coût des produits pétroliers, notamment le gas-oil. Face à son auditoire, le secrétaire général de la présidence de la République a fait savoir que le gouvernement fait des efforts énormes face à la cherté de la vie. Depuis la montée vertigineuse des prix, rassure-t-il, le gouvernement a déjà investi plus de 110 milliards de francs Cfa pour agir sur les prix. « Le gouvernement n’a pas augmenté le prix des produits pétroliers, s’est-il défendu. « Tous les mois c’est une subvention de 5 milliards de francs cfa que le gouvernement injecte pour maintenir les prix à un certain niveau sinon le gas-oil serait déjà à 1500, 2000 francs le litre », a-t-il ajouté. Le chef de la délégation du département de l’Atlantique n’a pas manqué de souligner que la situation de crise actuelle est due en partie à la guerre russo-ukrainienne. Les deux pays à eux seuls couvrent 30% du besoin mondial en blé, en pétrole et en gaz.
Aucun mot sur les Législatives !
Par ailleurs, au plan agricole il ressort des explications que si le sac d’engrais est cédé à 14.000 FCfa actuellement au lieu de 26.000 voire 30.000 francs Cfa comme dans d’autres pays, c’est parce que le gouvernement a fait des efforts colossaux en anticipant et en injectant plus de 51 milliards de francs Cfa pour l’achat et la subvention. N’eût été l’application d’un taux forfaitaire libératoire de Tva sur le riz importé, ainsi que l’exonération de la Tva sur les huiles végétales importées ou produites localement, l’exonération de la Tva sur la farine de blé importée ou produite localement, la mise en œuvre d’un abattement de 50% sur le prix des frets maritimes et de 2/3 pour les frets aériens pour le calcul des droits de douanes à liquider, le prix des produits de grande consommation aurait explosé. Nulle part, on l’a observé pendant ces jours, dans ces exposés aucun mot, sur les prochaines échéances électorales, notamment les législatives du 8 janvier 2023, n’est apparu. On n’a pas non plus distribué des sacs de si ou de çà, ni des billets de banque. Peut-être dans les coulisses, mais en tout cas c’était une préoccupation. C’était un moment de reddition de comptes, qui montre combien le gouvernement respecte ses populations. C’est le moins qu’on puisse leur demander en ce moment d’inflation et de cherté de la vie. Un exercice à répéter chaque fois qu’il serait nécessaire.
Wilfrid Noubadan




















