À l’approche d’échéances électorales souvent synonymes de tensions dans plusieurs pays de la sous-région, des jeunes béninois ont choisi d’anticiper. Réunis à l’École normale supérieure de Porto-Novo, ils ont donné le coup d’envoi d’une tournée nationale en faveur de la paix, portée par le Réseau des jeunes béninois de la diaspora.
L’initiative, lancée le samedi 14 mars 2026, vise à mobiliser la jeunesse autour d’un message clair : prévenir les violences et promouvoir une participation responsable au processus démocratique. Elle s’inscrit dans un contexte régional où les périodes électorales restent des moments de forte vulnérabilité pour la stabilité politique. Présent à cette première étape, le président du réseau, Didier Lando, a appelé à une prise de conscience collective. En partenariat avec le Parlement des jeunes et l’association Mairie des jeunes, l’organisation entend multiplier les rencontres à travers le pays pour encourager le dialogue et la responsabilité citoyenne.
Une jeunesse en quête de réformes et de stabilité
Au fil des discussions, les participants ont exprimé des attentes fortes vis-à-vis des dirigeants à venir, notamment sur la question de l’éducation. Beaucoup ont plaidé pour une transformation du système éducatif, jugé trop théorique, au profit de formations davantage orientées vers les compétences pratiques et l’employabilité. Mais au-delà des réformes, c’est la question de la paix qui a dominé les échanges. Dans un climat politique parfois marqué par la polarisation, les jeunes ont insisté sur la nécessité de rompre avec les logiques de confrontation. Ils appellent à privilégier le dialogue, le respect des divergences et la responsabilité individuelle comme remparts contre la violence.
Former des relais de paix
Le choix de Porto-Novo, capitale politique du Bénin, et de l’École normale supérieure n’est pas anodin. L’établissement forme les enseignants de demain, appelés à jouer un rôle clé dans la transmission des valeurs citoyennes. « Sensibiliser ces futurs éducateurs, c’est investir dans la paix sur le long terme », a souligné Didier Lando, insistant sur l’effet multiplicateur que peuvent avoir ces acteurs dans leurs communautés respectives.
Un signal encourageant dans un contexte sensible
Pour plusieurs observateurs, cette mobilisation de la jeunesse constitue un signal positif dans un contexte où les initiatives locales de prévention des conflits restent essentielles. Romain Kodjo, président de l’Ong Action for african development, partenaire du projet, y voit une preuve de maturité : « L’avenir du pays dépend de la capacité des jeunes à s’engager dès maintenant pour préserver la stabilité. »
Les participants, eux, repartent avec la volonté de prolonger la dynamique. Une plateforme en ligne a été mise à leur disposition pour recueillir leurs propositions et attentes, dans l’optique d’alimenter le débat public. Avec cette tournée, les organisateurs espèrent contribuer à ancrer durablement une culture de paix au sein de la jeunesse béninoise un enjeu crucial pour la consolidation démocratique du pays.


















