L’élection présidentielle du 12 avril 2026 au Bénin a consacré la victoire écrasante de Romuald Wadagni avec 94,05 % des suffrages exprimés. Plus qu’un simple résultat arithmétique, ce score massif est l’aboutissement d’une dynamique d’adhésion nationale sans précédent, ayant rallié des pans entiers de la classe politique et de la société civile.
Au-delà des chiffres et de la victoire électorale, le scrutin présidentiel d’avril 2026 restera dans l’histoire politique du Bénin comme le moment d’une véritable « catharsis nationale ». Avec un score qui frôle l’unanimité, l’élection de Romuald Wadagni n’est pas seulement le triomphe d’un camp sur un autre, mais le reflet d’un consensus inédit qui a su briser les murs de glace entre la mouvance et l’opposition. Des ténors du parti Les Démocrates aux puissantes centrales syndicales, en passant par une myriade de mouvements citoyens, une force centrifuge semble avoir aspiré toutes les résistances pour porter l’ancien argentier national vers les plus hautes cimes de l’État. Ce vent d’adhésion fut tel qu’à l’heure des bilans, la question n’était plus de savoir si Wadagni gagnerait, mais comment son adversaire Paul Hounkpè, pourrait encore justifier de ne pas avoir jeté l’éponge face à cette déferlante d’unité. Le fait le plus marquant de ce scrutin reste la brèche ouverte au sein du principal parti d’opposition, Les Démocrates. Bien que la ligne officielle soit restée prudente, au moins 22 cadres et responsables du parti ont été officiellement suspendus le 26 mars 2026 pour avoir publiquement soutenu le duo Wadagni-Talata. Ce glissement de ténors de l’opposition vers le camp du ministre des Finances a brisé les clivages habituels, transformant la candidature de Romuald Wadagni en un projet d’unité nationale dépassant les étiquettes partisanes. Le candidat a également bénéficié d’un appui historique du monde du travail. À quelques jours du vote, cinq grandes centrales syndicales (Csa-Bénin, Cosi-Bénin, Cgtb, Unstb et Cspib) ont officiellement appelé à voter pour lui, invoquant la nécessité d’un « nouveau pacte social » fondé sur la concertation. Cette mobilisation a été relayée sur le terrain par une multitude de mouvements de soutien spontanés, créant une vague de fond qui a largement contribué au taux de participation de 58,75 %, en hausse par rapport à 2021.
L’isolement de la concurrence
Face à cette union sacrée, la concurrence s’est retrouvée isolée. Durant la campagne, la domination de Romuald Wadagni était telle que de nombreux observateurs recommandaient ouvertement à son principal challenger, Paul Hounkpè (Fcbe), de jeter l’éponge pour préserver la cohésion nationale. Bien qu’il soit allé jusqu’au bout, le candidat Paul Hounkpè a finalement acté cette réalité politique dès le lendemain du scrutin. En récoltant seulement 5,95 % des voix, il a immédiatement reconnu sa défaite et adressé ses « félicitations républicaines » à Romuald Wadagni, saluant la clarté du choix des électeurs.
Ce score de 94,05 % ne reflète pas seulement le soutien du président sortant Patrice Talon, mais bien une volonté populaire de continuité économique doublée d’un désir d’apaisement politique. En fédérant des forces autrefois antagonistes, Romuald Wadagni entame son mandat avec une légitimité transversale, prêt à mener son projet de société « Plus loin, Ensemble ».
Sergino Lokossou




















